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11/07/2018 06:27 EDT | Actualisé 11/07/2018 06:27 EDT

Étude à l'appui, les parents d'enfants handicapés crient à l'injustice

Il est plus «rentable» pour les parents d'enfants handicapés de confier ceux-ci à une famille d'accueil que de s'en occuper eux-mêmes.

IvanJekic via Getty Images

Fortes d'une étude dévastatrice de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), les familles d'enfants handicapés crient à l'injustice face au soutien qu'elles reçoivent de l'État et réclament la parité avec les familles d'accueil.

L'analyse économique, dont La Presse canadienne a obtenu copie, démontre que les familles naturelles reçoivent en moyenne 25 632 $ par année pour s'occuper d'un enfant handicapé, comparativement à une moyenne de 44 254 $ — soit 70 pour cent de plus — pour une famille d'accueil.

Cette aide est versée soit directement en espèces ou sous forme de services divers et d'allégements fiscaux, principalement du gouvernement provincial, mais aussi du fédéral.

L'étude de RCGT détaille l'ensemble de ces aides, dont les montants varient selon la lourdeur du handicap de l'enfant, pour en arriver à des versements qui se situent entre 14 400 $ et 36 863 $ par année pour une famille naturelle, alors que les familles d'accueil reçoivent entre 33 056 $ et 55 471 $ annuellement.

En milieu hospitalier, un enfant handicapé représente pour l'État un déboursé variant de 47 752 $ à 81 373 $ selon la lourdeur du handicap, pour une moyenne de 64 563 $

L'étude a été réalisée pour les organismes L'Étoile de Pacho - Réseau d'entraide pour parents d'enfants handicapés et Parents jusqu'au bout, dont les responsables avaient déjà une idée des écarts entre l'aide aux familles d'accueil et celle versée aux parents. Or, l'étude vient non seulement confirmer leur intuition, mais elle dévoile un écart beaucoup plus grand que ce qu'ils croyaient au départ.

Une aide peu utile

Devant les récriminations répétées des parents, le gouvernement Couillard avait créé en 2016 le Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE).

Cependant, seule une très faible minorité des enfants handicapés y sont admissibles en raison de critères très restrictifs qui excluent tout enfant n'ayant pas un handicap très lourd. Ainsi, pour les quelque 36 000 enfants reconnus handicapés au Québec, un peu moins de 4000 parents ont demandé le SEHNSE, les autres sachant fort bien qu'ils n'y auraient pas droit, mais seulement 1634 l'ont obtenu.

Les regroupements de parents ont présenté l'étude en juin au ministre de la Famille, Luc Fortin, qui s'est montré sympathique aux revendications des familles naturelles, mais n'a pas pris d'engagement en vue d'une éventuelle parité.

Les organismes promettent de talonner les politiciens durant la campagne électorale sur ce dossier.