POLITIQUE
10/07/2018 06:10 EDT | Actualisé 10/07/2018 19:07 EDT

OTAN: le Canada sera en Lettonie jusqu'en 2023

Le nombre de militaires impliqués passera de 85 à 540.

Le Canada n'a pas l'intention de doubler son budget de défense, a insisté le premier ministre Justin Trudeau, mardi, malgré les appels répétés de Donald Trump à tous les pays de l'OTAN pour qu'ils atteignent leurs objectifs fixés en 2014.

M. Trudeau a qualifié cet objectif de deux pour cent du produit intérieur brut (PIB) de "raccourci facile" et d'"instrument limité" pour mesurer l'engagement d'un pays envers l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

En visitant mardi les troupes canadiennes à la base militaire d'Adazi, près de Riga, la capitale de la Lettonie, M. Trudeau a réitéré la rhétorique d'Ottawa: il est toujours possible de mettre plus d'argent dans la défense, mais il faut aussi tenir compte des gestes concrets posés par les différents partenaires de l'OTAN.

Le premier ministre avait confirmé plus tôt mardi que la participation du Canada à la mission de l'OTAN en Lettonie serait prolongée de quatre ans, jusqu'en 2023. De plus, le nombre de militaires affectés à cette mission sera augmenté de 85, pour atteindre 540 soldats. Le premier ministre Trudeau a fait ces annonces mardi à Riga après sa rencontre avec son homologue letton, Maris Kucinskis.

Le rôle qu'assume le Canada à titre de dirigeant du groupement tactique en Lettonie témoigne de son engagement envers l'Alliance de l'OTAN ainsi qu'envers la Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan et la Libye.Justin Trudeau

Le Canada dirige cette mission de l'OTAN entamée en 2016, qui comprend aussi des troupes de l'Albanie, de la République tchèque, de l'Italie, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Slovénie et de l'Espagne. Elle constitue une réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, et à son invasion de l'est de l'Ukraine. La Russie et la Lettonie partagent une frontière d'environ 250 kilomètres.

La charge de M. Trump

La visite de M. Trudeau en Lettonie constitue un prélude au sommet de l'OTAN à Bruxelles, mercredi et jeudi, où le Canada et d'autres partenaires se préparent à réentendre la charge du président américain sur ce qu'il considère comme un échec de l'Alliance atlantique.

Le Canada avait adhéré à l'objectif de deux pour cent du PIB au sommet du pays de Galles il y a quatre ans, mais les prévisions de dépenses du gouvernement Trudeau indiquent que le budget de la défense n'atteindra que 1,4 pour cent du PIB d'ici 2024.

M. Trudeau affirme depuis quelques années que même si la cible de deux pour cent demeure un moyen légitime de mesurer l'engagement des membres de l'Alliance, les ressources et le leadership tangibles et cohérents, que le Canada continue de démontrer, sont plus importants encore que les gros sous.

"En fin de compte, les paramètres les plus importants sont toujours les suivants: est-ce que les pays renforcent les capacités dont l'OTAN a besoin? Sommes-nous en mesure de fournir différentes ressources et de démontrer le type d'engagement envers l'Alliance qui doit toujours être là?" Or, à ce niveau, "le Canada peut être extrêmement fier", croit M. Trudeau.

"Le rôle qu'assume le Canada à titre de dirigeant du groupement tactique en Lettonie témoigne de son engagement envers l'Alliance de l'OTAN ainsi qu'envers la Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan et la Libye", a-t-il dit dans son allocution à Riga.

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La plus récente révision de la politique de défense du gouvernement libéral prévoit que le Canada augmentera ses dépenses de défense de 70 pour cent au cours des dix prochaines années, a ajouté le premier ministre. Et lorsqu'on lui a demandé directement si le Canada prévoyait atteindre l'objectif de deux pour cent, M. Trudeau a simplement dit qu'il n'y avait pas de plans pour doubler le budget de la défense du Canada.

Il s'agit de la toute première visite bilatérale d'un premier ministre canadien en Lettonie, alors que ce petit pays balte souligne son centenaire.

Le Canada doit en faire plus, dit Stoltenberg

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a salué le Canada et les alliés européens pour avoir renversé des années de coupes et augmenté les investissements en défense, tout en contribuant à la sécurité collective avec plus de soldats et d'équipement. Il a rejeté les critiques selon lesquelles l'Alliance atlantique serait dans la tourmente.

"Je suis absolument certain que ce sommet montrera que nous sommes en mesure de livrer en matière de sécurité, de défense, malgré les désaccords que nous voyons sur le commerce et d'autres enjeux", a dit le secrétaire général à Bruxelles, à la veille du sommet des dirigeants qui s'amorce mercredi.

Tout de même, M. Stoltenberg a affirmé qu'il fallait en faire plus, et que le Canada et ses alliés européens "ne devraient pas augmenter les dépenses en défense pour plaire aux États-Unis", mais parce que le respect de la cible de deux pour cent est important pour leur propre sécurité.

"C'est pourquoi ils ont accepté d'investir plus en défense en 2014. La raison d'investir n'est pas de plaire aux États-Unis. La raison d'investir plus en défense est que cela est nécessaire car nous vivons dans un monde plus imprévisible", a-t-il fait valoir.