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09/07/2018 08:28 EDT | Actualisé 09/07/2018 17:53 EDT

Trudeau visite les troupes canadiennes en Lettonie

Il se rendra ensuite à Bruxelles pour le sommet de l'OTAN.

NurPhoto via Getty Images

Le premier ministre Justin Trudeau est arrivé lundi soir en Lettonie, où il doit souligner les engagements militaires du Canada envers l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en vue du sommet prévu cette semaine à Bruxelles.

Il s'agit de la toute première visite bilatérale d'un premier ministre canadien en Lettonie, alors que ce petit pays balte souligne son centenaire.

Justin Trudeau tient à aller à la rencontre des 450 militaires canadiens déployés en Lettonie dans le cadre d'une mission de l'OTAN en réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, et à son invasion de l'est de l'Ukraine.

Le Canada se trouve à la tête de cette mission qui comprend aussi des troupes de l'Albanie, de la République tchèque, de l'Italie, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Slovénie et de l'Espagne.

Le premier ministre devrait profiter de l'occasion pour réaffirmer l'engagement du Canada envers l'OTAN et tenter ainsi de désamorcer les critiques du président américain Donald Trump, insatisfait du financement de l'organisation.

L'ambassadeur de la Lettonie au Canada, Karlis Eihenbaums, estime que cette mission est "l'une des plus réussies de l'OTAN".

"Nous nous sentons bien plus stables en tant que peuple et le flanc est de l'OTAN est aussi beaucoup plus stable. Vous pouvez le demander aux pays voisins qui ne sont pas membres de l'OTAN, comme la Suède et la Finlande: ils sont très favorables à cette présence, ils sont très heureux que les Canadiens soient là", fait-il valoir.

Malgré ce déploiement en Lettonie, le Canada et d'autres pays membres de l'Alliance atlantique subissent la pression des États-Unis pour consacrer, comme promis, au moins deux pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense, de même que 20 pour cent de leurs dépenses militaires à l'équipement. Les pays membres s'étaient fixé ces cibles lors d'un sommet en 2014, au Royaume-Uni.

La "frustration grandissante" de Trump

Dans les dernières semaines, le président Donald Trump leur a fait parvenir des lettres dans lesquelles il exprime une "frustration grandissante" à l'égard du fait que ces objectifs de financement ne soient toujours pas atteints.

"C'est sûr que le ton est donné", soulève Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM.

Il explique que même si le président américain risque ainsi de froisser d'importants alliés, cette fois, il n'invente rien.

"Là-dessus, Donald Trump a entièrement raison", reconnaît l'expert en politique américaine.

Ottawa réplique s'être déjà engagé à augmenter ses dépenses militaires de 32,7 milliards $ sur dix ans et mise sur son implication en Lettonie pour se faire valoir.

Mais le rôle du Canada en Lettonie demeure minime comparativement aux autres missions de l'OTAN en Afghanistan et au Kosovo.

Entre-temps, des inquiétudes persistent quant à l'agressivité de la Russie face aux pays baltes et certains demandent aux Forces armées canadiennes de prolonger leur déploiement.

Cette semaine marque d'ailleurs le premier anniversaire de la mission, qui pourrait être renouvelée en 2019.

Pendant son séjour en Lettonie, Justin Trudeau rencontrera le premier ministre Maris Kucinskis et le président Raimonds Vejonis. Ils déposeront une couronne de fleurs au pied du Monument de la liberté, érigé à Riga en mémoire des militaires morts pour l'indépendance du pays. Ils iront ensuite à la rencontre des soldats canadiens sur la base militaire à l'extérieur de la capitale.

M. Trudeau sera accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et du chef d'état-major des Forces canadiennes, Jonathan Vance.