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09/07/2018 07:44 EDT | Actualisé 09/07/2018 15:33 EDT

Thaïlande: l'opération de sauvetage s'accélère dans la grotte

Huit personnes ont été secourues.

Quatre autres des treize garçons coincés depuis deux semaines dans une grotte inondée du nord de la Thaïlande ont été sauvés lundi, selon l'adjoint d'un commandant de la marine thaïlandaise.

L'adjoint en question, Sitthichai Klangpattana, confirme que cinq personnes demeurent donc prisonnières de la grotte de la province de Chiang Rai, au terme des deux premiers jours de l'opération de sauvetage.

Le gouverneur par intérim de la province, Narongsak Osatanakorn, a affirmé que les quatre nouveaux rescapés sont tous "conscients et en sûreté" à l'hôpital.

Il a aussi souligné que la mission de lundi avait été accomplie plus rapidement que celle de la veille, grâce à la mobilisation d'une plus grande équipe et à l'expérience accumulée depuis le début de cette fâcheuse histoire.

M. Osatanakorn n'a toutefois pas pu indiquer si les cinq captifs restants seront escortés hors de la grotte dans le cadre d'une seule mission.

Les autorités avaient d'abord annoncé que le sauvetage de l'équipe prendrait jusqu'à quatre jours, mais le déroulement des dernières missions leur a donné l'espoir d'y parvenir encore plus rapidement.

Athit Perawongmetha / Reuters
Une ambulance attendait l'hélicoptère militaire qui transportait des jeunes évacués de la grotte.

Les douze jeunes joueurs de soccer et leur entraîneur avaient été portés disparus après être partis à la découverte de grotte de Tham Luang Nang, le 23 juin. Pris au piège par les eaux de la mousson, ils n'avaient été retrouvés que dix jours plus tard grâce à des recherches à grand déploiement qui ont attiré des experts du monde entier.

Avec l'arrivée d'autres précipitations importantes, les autorités se démènent pour extraire à temps les garçons, âgés de 11 à 16 ans, de même que leur entraîneur âgé de 25 ans.

Opération inédite

L'exploratrice et cinéaste franco-québécoise Nathalie Lasselin, membre du temple de la renommée des plongeuses, estime qu'il s'agit d'une opération inédite.

Elle ne se dit toutefois pas étonnée de la vitesse à laquelle les jeunes ont pu être escortés vers la lumière du jour.

"Étant donné que c'est une équipe de football dans laquelle il y a déjà une bonne cohésion, je pense que c'est ce qui les aide à être en confiance avec les plongeurs-spéléo pour pouvoir sortir très rapidement", a-t-elle dit en entrevue avec La Presse canadienne.

"Je doute qu'ils portent tout l'équipement sur eux. Ils vont avoir vraiment le minimum, c'est-à-dire un masque et un détenteur", a décrit la plongeuse, qui a déjà visité grottes sous-marines.

"On ne leur apprend certainement pas à plonger comme un plongeur-spéléo le ferait, mais à être en mesure de respirer confortablement sous l'eau et de se tirer sur la corde vers la sortie", a ajouté Mme Lasselin, qui est aussi instructrice de plongée.

Elle souligne que le courant pousse dans la bonne direction, ce qui facilite le travail de tout le monde.

Les jeunes se portent bien

Le premier ministre thaïlandais s'est rendu en personne sur le site de la grotte lundi, en plus d'aller visiter les huit garçons hospitalisés.

Les quatre enfants rescapés dimanche sont en bonne santé, rapporte-t-on.

"Ce matin, ils ont dit qu'ils avaient faim et qu'ils voulaient manger du khao pad grapao", a indiqué le gouverneur Narongsak, en référence à un riz sauté thaïlandais avec de la viande et du basilic.

Leurs proches ne peuvent cependant toujours pas les serrer dans leurs bras en raison du risque d'infection, alors qu'ils continuent de subir des examens médicaux dans la capitale de la province.

La mission de dimanche a mobilisé 13 plongeurs étrangers et cinq membres de la marine thaïlandaise. Chaque garçon était accompagné de deux plongeurs à travers un long parcours comprenant de nombreux passages difficiles sous l'eau. Aucun des captifs ne sait nager.

Toute l'opération est extrêmement risquée. À ce sujet, Nathalie Lasselin insiste sur l'importance pour les enfants de faire confiance aux sauveteurs.

"C'est sûr que dans une visibilité extrêmement réduite, ils doivent se laisser guider complètement par les plongeurs", note-t-elle. Il suffirait d'une fraction de seconde, d'une inattention, d'un geste mal placé pour que tout dérape."

"N'importe quelle erreur sera impardonnable", selon la plongeuse émérite.

Un ex-militaire thaïlandais qui s'était porté bénévole pour acheminer des bouteilles d'oxygène dans les cavités inondées de la grotte a d'ailleurs perdu la vie vendredi.

"Ce plongeur a vécu ce que l'on appelle une peine d'air. On peut supposer qu'à force de vouloir les aider, il s'est peut-être lui-même un peu trop poussé", regrette Mme Lasselin.