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07/07/2018 17:04 EDT | Actualisé 07/07/2018 17:05 EDT

Le Festival international de jazz de Montréal se défend de toute censure pour l'annulation de «SLĀV»

M. Dupont a déclaré que la décision prise le 4 juillet «n'a pas du tout été prise dans un esprit de censure.»

Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) s'est défendu samedi d'avoir voulu pratiquer toute forme de censure lorsqu'il a décidé d'annuler les représentations du spectacle SLĀV qui devaient être présentés au Théâtre du Nouveau Monde.

En conférence de presse, le président-directeur général du FIJM, Jacques-André Dupont, est revenu sur la controverse qui a fait couler beaucoup d'encre et terni la réputation de l'événement.

M. Dupont a déclaré que la décision prise le 4 juillet «n'a pas du tout été prise dans un esprit de censure.»

Rappelant que le FIJM a toujours été un événement pacifiste et inclusif, il a évoqué des soucis de sécurité pour expliquer l'annulation du spectacle.

M. Dupont a aussi parlé de l'état de santé de la principale chanteuse Betty Bonifassi dont la fracture à une cheville avait déjà provoqué l'annulation de deux représentations.

Vendredi, le metteur en scène du spectacle, Robert Lepage, avait dénoncé «l'affligeant discours d'intolérance» et parle d'un «coup porté à la liberté d'expression artistique». Il ajoute que le spectacle serait toujours présenté, s'il n'en tenait qu'à lui.

SLĀV a été au coeur d'une controverse, alors que de nombreuses voix se sont élevées contre la présentation du spectacle qui représente, estiment certains, une réappropriation de la culture noire, voire une démarche raciste. D'autres déploraient le fait que seulement deux artistes noires faisaient partie de la distribution.

Le musicien afro-américain Moses Sumney s'est notamment retiré du FIJM, mardi, en raison de la présence du spectacle au sein de la programmation. M. Sumney reprochait au spectacle d'être dirigé par un homme blanc (Robert Lepage) et qu'une chanteuse blanche (Betty Bonifassi) y interprète des chansons composées par des esclaves afro-américains. Le Californien de 28 ans avait indiqué sur Twitter qu'il ne pouvait présenter sa musique au Festival en bonne conscience après avoir appris que celui-ci continuait à défendre publiquement son événement.