DIVERTISSEMENT
05/07/2018 11:23 EDT | Actualisé 05/07/2018 13:36 EDT

Regard sur la relève au Grand Montréal Comédie Fest

L'avenir est prometteur en humour au Québec...

Facebook/Julien Lacroix

À travers les tonnes d'événements qui battent leur plein dans la métropole, le Grand Montréal Comédie Fest ne donne pas sa place. Ce qui est particulièrement intéressant avec ce festival? C'est qu'il flirte autant avec les humoristes établis qu'avec ceux qui font leurs premiers pas dans le monde de l'humour. Retour sur la soirée À la découverte de nouveaux talents!, qui s'est tenue mercredi soir à l'Abreuvoir.

La foule, comme abrutie par la chaleur extérieure, a accueilli l'animateur avec un enthousiasme mitigé. Qu'à cela ne tienne, Anas Hassouna a lancé un «Est-ce qu'il y a des gens qui veulent rire dans la salle? Ah allez, on est à l'air climatisé, ne soyez pas vedges!» bien senti. Dans un éclat de rire, les spectateurs ont semblé se réveiller pour de bon. La soirée pouvait débuter.

Pendant son feu roulant partant dans tous les sens - entre des blagues sur Repentigny, son hypocondrie et son rapport aux réseaux sociaux, ainsi que des jasettes parfois un brin longues avec des spectateurs - Anas a eu droit à plusieurs rires francs, mais a aussi essuyé quelques silences. Sans se laisser démonter, l'humoriste à l'esprit vif nous a expliqué qu'il «a été à l'École nationale de l'humour. Vous, êtes-vous allé à l'École nationale des spectateurs?» Dans nos dents, comme on dit.

Place aux talents

Après cette intro dynamique pour un spectacle qui allait nous présenter des talents exclusivement masculins, Hassouna a laissé Charles Brunet casser la glace. Et le public n'allait pas être déçu. Certainement un des artistes les plus efficaces de la soirée, l'humoriste a lancé son numéro en racontant ses péripéties de moniteur de camp de vacances. Avec un ton décalé rappelant parfois Yannick De Martino, ou même Jean-Thomas Jobin, Brunet a ensuite enchaîné les blagues, alternant entre différents sujets comme la drogue, la maladie mentale, l'inceste... Pas de tabou pour le jeune humoriste qui brille toutefois beaucoup plus quand il raconte une anecdote. On a déjà hâte d'en voir plus!

Place ensuite à Neev, dont on entend de plus en plus parler. Celui qui a notamment animé la Fête nationale à Laval ne manque vraiment pas d'énergie. C'est que Neev a déjà fait de la scène, et ça paraît. À ses aises, l'humoriste a débuté son numéro en demandant à la ronde qui était amoureux, et depuis combien de temps. Entre les «3 ans!», «18 ans!» et autres qui fusaient dans la salle, Neev s'est lancé dans un numéro hilarant sur la vie de couple, comparant des passages au Ikea et au Victoria's Secret à des tests ultimes pour tester la force de la relation. Neev a ensuite changé de registre pour nous jaser hockey, terminant son tour de micro avec un peu moins de force. Dommage.

C'est ensuite Pascal Cameron qui a envahi la scène. L'humoriste a débuté d'emblée avec une courte anecdote. «L'autre jour, mon amie a écrit un statut sur Facebook, disant qu'un homme l'avait regardé pendant au moins 30 secondes pendant qu'elle courait et qu'elle n'était pas de la viande. D'accord. Mais comment a-t-elle pu savoir qu'il la regardait pendant tout ce temps? Elle devait être en train de le regarder aussi!» Les spectateurs, mitigés, ont laissé couler quelques rires. Heureusement, l'humoriste s'est repris entre blagues efficaces sur le vélo et moqueries envers la Rive-Sud (décidément, la banlieue n'était pas populaire ce soir-là)! Malgré son débit parfois trop rapide qui nous faisait perdre des bribes de mots et une livraison un peu inégale, Pascal Cameron a certainement su tirer son épingle du jeu.

Après un numéro efficace de Charles Deschamps, le protégé de Martin Perizzolo, qui nous a notamment raconté son désir d'avoir des enfants avec sa copine trop belle pour lui - c'est lui qui le dit! - et un passage dynamique de Jerr Allain qui nous a bien fait rire en jasant de son végétarisme et ironiquement, de son désir de ne PAS avoir d'enfants, Julien Lacroix est débarqué sur scène sous les cris de la foule. Belle surprise pour finir une soirée déjà réussie. Comment il va Julien? Il s'en sort en se rappelant des anecdotes sur son (très) étrange oncle et ses questionnements sur l'homosexualité. Hilarant, comme toujours.

Alors, cette soirée À la découverte de nouveaux talents? On peut dire que le mandat a été rempli, et avec brio en plus.

Le Grand Montréal comédie fest, du 1er au 15 juillet 2018. Pour toutes les informations, c'est ici.