BIEN-ÊTRE
05/07/2018 07:43 EDT | Actualisé 05/07/2018 07:43 EDT

Les chutes causent le plus de blessures au Canada

Les chutes sont l'un des fléaux de la vieillesse, affirme un chercheur.

shapecharge via Getty Images

Une aspérité dans le ciment du trottoir. Une plaque de glace sur la chaussée. Un faux pas dans les escaliers à la maison. Tout cela peut provoquer des chutes accidentelles et envoyer la personne non seulement sur le sol, mais aussi à l'hôpital.

Les chutes accidentelles constituent la cause la plus courante de blessure au pays: chaque jour l'an dernier, les chutes ont entraîné près de 1800 visites à l'urgence et 417 hospitalisations, selon un nouveau rapport publié jeudi par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).

En 2016-2017, environ un tiers des deux millions de blessures ayant nécessité une visite à l'urgence étaient liées à des chutes accidentelles, indique l'ICIS. Ces blessures ont provoqué 152 500 hospitalisations, en hausse par rapport aux 146 600 rapportées l'année précédente.

D'après les données de l'ICIS, la durée moyenne d'un séjour à l'hôpital après une chute était de 14,3 jours contre 7,5 pour l'ensemble des hospitalisations.

Fléau de la vieillesse

Les chutes sont l'un des fléaux de la vieillesse, a affirmé Geoff Fernie, un chercheur au Toronto Rehabilitation Institute (TRI), qui n'est pas lié à l'ICIS.

M. Fernie a révélé que les personnes âgées risquaient davantage de chuter et avaient tendance à se blesser plus grièvement lorsque cela se produisait.

«Mais ce n'est pas exclusif aux personnes plus vieilles. Nous voyons beaucoup de jeunes enfants tomber en bas des escaliers et subir des blessures graves à la tête», a-t-il précisé.

Les blessures qui nous inquiètent le plus sont celles à la hanche parce qu'elles sont extrêmement courantes et qu'il est très difficile de s'en remettre.Geoff Fernie

Selon Geoff Fernie, les adultes d'âge moyen ne sont pas non plus à l'abri des chutes, surtout dans les escaliers de leur résidence.

«Nous voyons également beaucoup de travailleurs faire des chutes et pas seulement les travailleurs de la construction. Les gens durant l'hiver, les gens qui travaillent dans un café et qui tombent dans le stationnement en se rendant au boulot le matin», a ajouté le chercheur.

En fait, quelque 8800 blessures liées aux chutes partout au Canada sont survenues après que les personnes eurent glissé sur une plaque de glace, selon les données de l'ICIS.

Les chutes à la maison ont entraîné plus de 114 000 visites à l'urgence l'an dernier, faisant du domicile l'endroit le plus courant pour ce type d'accident.

L'ICIS a découvert que les fractures de la hanche étaient la blessure liée aux chutes la plus fréquente.

«Les blessures qui nous inquiètent le plus sont celles à la hanche parce qu'elles sont extrêmement courantes et qu'il est très difficile de s'en remettre, surtout si vous êtes une personne âgée», a expliqué M. Fernie, soulignant que les études ont montré que de 20 à 40 pour cent des aînés ayant subi une fracture à la hanche mouraient en moins d'un an.

Selon l'ICIS, les fractures à la jambe et les blessures à la tête arrivent en seconde place dans la liste des blessures liées aux chutes les plus fréquentes.

«Les blessures à la tête sont inquiétantes parce qu'elles peuvent être très sérieuses, a commenté Geoff Fernie. Les effets d'une blessure à la tête peuvent durer et les victimes se retrouver en arrêt de travail pendant un à deux ans et être très affectées.»

Le TRI propose un programme de prévention des chutes, surtout destiné aux personnes âgées, malades ou handicapées.

Mais les chercheurs essaient aussi de prévenir les chutes sur le plan de l'environnement, notamment en ayant milité pour l'augmentation de la profondeur des marches requise en vertu du Code national du bâtiment, une initiative qui aurait permis de sauver 27 vies et d'éviter 13 000 accidents graves dans les cinq premières années ayant suivi son adoption, a indiqué M. Fernie.

Les scientifiques du TRI ont également commencé à évaluer l'aspect sécuritaire des bottes d'hiver vendues au Canada en 2016, poussant certains fabricants à améliorer leurs produits et des détaillants à ne vendre que des bottes ayant reçu une bonne évaluation.