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29/06/2018 11:19 EDT | Actualisé 29/06/2018 11:25 EDT

Jarrod Ramos, le suspect de la fusillade au «Capital Gazette» avait poursuivi le journal pour diffamation

Le tireur présumé avait une dent contre le journal depuis des années.

L'auteur présumé de la fusillade de jeudi dans les bureaux du journal Capital Gazette, au Maryland, a poursuivi la publication pour diffamation en 2012, selon un ancien dirigeant du journal.

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Jarros Ramos, 38 ans, a été identifié comme suspect par la police vendredi, au lendemain de la fusillade qui a fait cinq morts et deux blessés.

Handout . / Reuters

Il fait face à cinq accusations de meurtre au premier degré et doit comparaître vendredi afin de déterminer s'il restera incarcéré en attendant son procès.

Ramos est un résident de la ville de Laurel, 40 kilomètres à l'ouest d'Annapolis, où a eu lieu la fusillade. En 2012, il a entamé des procédures judiciaires contre Capital Gazette Communications, son éditeur, et le chroniqueur Eric Hartley à propos d'un article sur des accusations de harcèlement criminel qui pesaient contre lui.

L'article détaillait le comportement de Ramos envers une femme qui avait rejeté ses avances. Il lui aurait envoyé des courriels «pendant des mois», lui demandant tantôt de l'aide ou lui disant plutôt «de se tuer». Ramos a plaidé coupable aux accusations.

Il était toutefois contrarié par la couverture qu'a fait le journal de son histoire et a choisi de se représenter lui-même en cour. Ramos a perdu sa poursuite initiale, ainsi qu'un appel en 2015.

«Un avocat lui aurait presque certainement dit de ne pas déposer cette poursuite», avait écrit le magistrat après l'appel, estimant que Ramos ne comprenait pas ce qui constituait légalement de la diffamation.

MANDEL NGAN via Getty Images
L'édition de vendredi matin du «Capital Gazette» est sortie malgré la fusillade.

Tom Marquardt, qui a été directeur et éditeur de Capital Gazette Communications jusqu'en 2012, a dit avoir rencontré Ramos à plusieurs reprises, affirmant que l'homme a souvent menacé l'organisation.

«J'avais affiché une photo de lui à l'accueil de la rédaction, au cas où il se présenterait», a raconté Marquardt en entrevue téléphonique avec le HuffPost américain. «Nous nous sentions particulièrement vulnérables par rapport à lui et nous sentions que tout le personnel était en danger.»

«Vendetta»

Après la poursuite en diffamation, le mot d'ordre au Capital Gazette était de donner le moins d'attention possible à Jarrod Ramos. Mais l'attitude de Tom Marquardt a changé lorsque l'homme a publié sa photo sur son blogue, accompagnée de ce que l'ancien éditeur a perçu comme une menace de mort.

Il a porté plainte à la police, qui lui aurait dit que la menace ne méritait pas d'accusations.

Jeudi, les autorités ont affirmé que Ramos semblait avoir une «vendetta» envers le journal et que son attaque était ciblée.

«Il avait préparé son attaque et il était prêt à tirer sur des gens», a déclaré le chef adjoint de la police du comté d'Anne Arundel en conférence de presse.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l'anglais.