POLITIQUE
28/06/2018 15:06 EDT | Actualisé 28/06/2018 15:06 EDT

Québec pourrait aussi être plus strict avec les producteurs commerciaux de marijuana

La ministre Lucie Charlebois a indiqué qu'elle veut trouver un équilibre entre ce que les producteurs peuvent faire et la sécurité des gens.

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Le gouvernement du Québec pourrait être plus strict que le gouvernement fédéral s'il en «sent le besoin» en ce qui concerne la culture commerciale extérieure du cannabis, prévient la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Ottawa a publié mercredi un cadre réglementaire confirmant qu'il sera permis de faire pousser des plants dans les champs, et non seulement en serre. Invitée à dire si Québec pourrait emboîter le pas au Nouveau-Brunswick, qui veut interdire la pratique, la ministre est demeurée prudente.

«Je n'ai pas parlé d'interdiction de production, a-t-elle insisté. Mais pour ce qui est de la culture qui va approvisionner l'ensemble du cannabis non thérapeutique, les pouvoirs réglementaires du fédéral sont sortis, mais oui, on peut être plus sévères au Québec.»

Le gouvernement québécois a «le pouvoir réglementaire pour encadrer la production», a ajouté la ministre en entrevue téléphonique, jeudi. Des hauts fonctionnaires fédéraux avaient laissé entendre la veille que cela serait plutôt du ressort des municipalités.

Il ne faut pas non plus créer un autre marché illicite, mettre des agriculteurs en danger.Lucie Charlebois

Quoi qu'il advienne, l'objectif poursuivi par Québec ne sera pas de «désavantager les producteurs québécois», mais plutôt de «trouver un équilibre entre ce que les producteurs peuvent faire et la sécurité des gens», a insisté Mme Charlebois.

«Il ne faut pas non plus créer un autre marché illicite, mettre des agriculteurs en danger», a-t-elle fait valoir. Le fédéral a entendu des inquiétudes de cette nature pendant les consultations publiques menées dans la cadre de l'élaboration de son cadre réglementaire.

«Certains répondants craignaient (...) que la culture extérieure du cannabis présente un risque plus élevé en ce qui a trait au vol et au détournement du cannabis», est-il écrit dans le sommaire des consultations publié en mars dernier.

Incertitude à l'UPA

L'Union des producteurs agricoles (UPA) est prise de court par cette disposition du cadre réglementaire fédéral sur la production extérieure. Ce débat avait été tué dans l'oeuf par une sortie du ministre québécois de l'Agriculture, Laurent Lessard, a soutenu le porte-parole Patrice Juneau.

Il fait référence à des propos tenus en septembre 2017 dans le cadre d'un entretien avec La Terre de chez nous, une publication spécialisée en agriculture. Le ministre Lessard avait alors affirmé que la production serait «contrôlée» et circonscrite à des endroits clos.

«Je ne veux pas donner l'impression au monde qu'on va se mettre à avoir des champs de production de cannabis au Centre-du-Québec ou en Montérégie», avait-il déclaré.

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«Il va falloir aller aux informations de notre côté. Jusqu'à maintenant, avec cette déclaration-là, il y avait uniquement les producteurs en serre du Québec qui suivaient très attentivement ce dossier-là», a expliqué M. Juneau en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«On passe de deux ou trois points d'interrogation à d'innombrables points d'interrogation», a-t-il indiqué.

Pas de pénurie de cannabis

Cette question, et bien d'autres, seront tranchées au cours des prochaines semaines. La ministre Lucie Charlebois prévoit clarifier les intentions du gouvernement quelque part au mois d'août, alors que la date de la légalisation du cannabis approche à grands pas.

Au jour J, le 17 octobre 2018, le Québec sera prêt, a-t-elle réitéré en entrevue. Et il y aura assez de cannabis dans les 20 succursales de la Société québécoise du cannabis (SQC) pour suffire à la demande des consommateurs, a assuré Mme Charlebois.

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«Je n'ai pas de doute (...) qu'on va avoir suffisamment de cannabis, parce que des ententes ont été conclues avec des producteurs qui vont nous approvisionner suffisamment pour le départ», a-t-elle signalé.

«Et on va ajuster nos commandes au fur et à mesure», a ajouté la ministre.

Le son de cloche était le même au fédéral. «Il y a un niveau de confiance qui nous permet de croire que les attentes au 17 octobre seront rencontrées», offrait mercredi en séance d'information technique un haut fonctionnaire fédéral.