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27/06/2018 09:02 EDT | Actualisé 27/06/2018 09:02 EDT

La restauration ratée de cette sculpture en Espagne va forcément vous rappeler quelque chose

C'est quand même plus réussi que le buste de Cristiano Ronaldo!

C'était le coup de pinceau de trop. La restauration ratée d'une sculpture de Saint-Georges dans une église de la ville d'Estella, en Navarre (Espagne), fait hurler- pas seulement de rire - les Espagnols ce mercredi 27 juin.

L'effigie en bois, vieille de 500 ans, représentait Georges de Lydda, martyr du IVe siècle et saint-patron de la chevalerie chrétienne, à dos de cheval et en armure en train de terrasser un dragon. Allégorie manichéenne du triomphe de la foi chrétienne sur le Mal, la sculpture a perdu de son lustre après être passée aux mains d'un professeur d'arts plastiques local, visiblement peu expérimenté.

Le restaurateur amateur, qui n'avait à l'origine pour mission que de "nettoyer" la statue, s'est vu pousser des ailes avant de s'emmêler les pinceaux et de complètement dénaturer l'oeuvre originelle. Le fier et vaillant Saint-Georges ressemble désormais à un personnage de l'univers Disney/Pixar ou aux figurines en pâte à modeler du film "Wallace et Gromit."

"Nous ne pouvons tolérer d'autres affronts à notre patrimoine culturel", s'est indignée l'ACRE, l'Association des conservateurs et restaurateurs d'Espagne, dans un communiqué publié ce mercredi 27 juin. "Cela illustre un manque effarant de formation normalement requise pour ce type de travail."

"C'est un travail d'expert qui aurait dû être fait par des experts"

Le prêtre de la ville et curé de l'église "San Miguel de Estella" qui abrite la sculpture de Saint-Georges a expliqué à l'agence de presse EFE qu'il voulait simplement que l'oeuvre soit "nettoyée" et qu'il n'avait aucunement l'intention d'en demander la restauration. Une démarche ambigüe remise en cause par les autorités de la Ville, le maire Koldo Leoz s'étonnant de ne pas avoir été consulté au préalable.

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"Le conseil [municipal] n'a pas été prévenu et le conseil régional de Navarre non plus, d'ailleurs", a précisé Koldo Leoz au Guardian. "Ils ont utilisé du plâtre et le mauvais type de peinture, il est donc possible que les couches originales soient perdues", a-t-il déploré avant de conclure: "c'est un travail d'expert qui aurait dû être fait par des experts."

"Encore une fois en Espagne, une œuvre d'art est de nouveau détruite. Cette image montre une sculpture de Saint-Georges du 16e siècle à San Miguel de Estella (Navarre). Curieux que les patrons aient embauché de tels restaurateurs, peut-être que ce sont les patrons qui auraient dû être restaurés, non?"

Progressivement, la chaîne de responsabilité s'est éclaircie. Ainsi, le quotidien britannique Telegraph a rapporté que le prêtre aurait chargé un atelier local - Karmacolor - de mener à bien le projet. Une lourde tâche dont l'atelier se serait ensuite déchargé sur le fameux professeur d'arts plastiques, responsable de ce fiasco.

À noter que, apparemment plutôt fier de son ouvrage, l'atelier Karmacolor a publié sur sa page Facebook une vidéo de l'avancement des travaux. On y voit un artisan barbouiller grossièrement et sans une once de délicatesse une sorte de platine sur la sculpture.

Comme un air d'Ecce Homo

Si ce fiasco fait réagir, ce n'est pas la première fois qu'une restauration ratée fait polémique dans le pays. En 2012, l'Espagne a été le berceau de ce qui est désormais considéré comme la pire restauration artistique de l'histoire.

Une peinture murale d'Elias Garcia Martinez intitulée "Ecce Homo" ("voici l'homme") et représentant le Christ, avait en effet été "restaurée" dans la commune de Borja (province de Saragosse). Un chantier titanesque et risqué qui avait été entrepris, sans autorisation, par Cecilia Gimenez, une paroissienne octogénaire et parfaite amatrice.

La restauratrice improvisée, sans expérience en la matière, avait alors "massacré" la fresque du XIXe siècle, faisant du "Christ de la Borja" la risée du pays. Une fois la polémique retombée, le Christ défiguré est vite devenu l'attraction de la ville pour de nombreux curieux qui en ont même fait un artefact assez culte, comme une mauvaise blague qui finit s'ancrer dans la culture populaire.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

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