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26/06/2018 16:11 EDT | Actualisé 26/06/2018 16:12 EDT

La nouvelle mise en scène de Robert Lepage continue de semer la controverse

«Ce spectacle est irrespectueux et insensible...»

Rene Johnston via Getty Images

Quelques heures avant la première de SLĀV, un vent de controverse continue de souffler sur ce nouveau spectacle alliant l'expertise technique d'Ex Machina, la vision de Robert Lepage et la voix de Betty Bonifassi.

Le duo derrière le projet Échantillons, spécialisé dans la musique et les esthétiques africaines et se disant «sensibles aux rapports de pouvoir, d'un point de vue métissé», monte aux barricades, ce mardi 26 juin, pour dénoncer ce qu'il juge être de l'appropriation culturelle.

«Les chants d'esclaves n'ont pas été écrits pour que puissent en profiter les blancs, déclare-t-il. Betty Bonifassi et Robert Lepage, qui sont tous deux blancs, présenteront 'une odyssée théâtrale basée sur des chants d'esclaves'.»

Jugeant le spectacle «irrévérencieux et insensible», le duo invite les gens à protester avec eux devant le Théâtre du Nouveau Monde.

«Le Festival International de Jazz de Montréal se confirme comme facilitateur d'appropriation culturelle et de dépolitisation des musiques noires», dénonce Échantillons.

Alors que soufflait déjà un vent de controverse sur la production au moment de son dévoilement l'automne dernier, le magazine Urbania s'était penché sur la question, donnant notamment la parole à Betty Bonifassi, qui s'était indignée que son projet soit jugé avant même qu'elle ait eu la chance de le présenter, de le défendre.

SLĀV est décrit comme «une odyssée théâtrale à travers les chants d'esclaves afro-américains, immortalisés dans les années 30 par l'ethnomusicologue Alan Lomax». Le spectacle va «de l'esclavage à la ségrégation, puis à l'incarcération massive qui trouve encore des exemples aujourd'hui, et en arrive enfin au mouvement d'affirmation amorcé dans les années 50».

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