NOUVELLES
25/06/2018 16:58 EDT | Actualisé 25/06/2018 17:02 EDT

Grève des grutiers: le vrai test c'est demain, disent les entrepreneurs généraux

Jeudi soir, le juge administratif Alain Turcotte a ordonné aux grutiers de rentrer au travail.

Getty Images/iStockphoto

Le mystère planait encore, lundi en fin d'après-midi, quant à savoir si les grutiers du Québec, en grève illégale depuis plus d'une semaine, se présenteront aux chantiers mardi matin, lendemain de jour férié.

Jeudi soir dernier, le juge administratif Alain Turcotte, du Tribunal administratif du travail, a ordonné aux grutiers de rentrer au travail.

Et tant la FTQ-Construction que le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction ont fait savoir aux grutiers syndiqués au sein de leur section locale respective qu'ils devaient «cesser immédiatement toute grève ou ralentissement de travail» et qu'ils étaient «dans l'obligation d'offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail», en vertu de ce jugement.

Sauf que les grutiers ne les ont pas écoutés et qu'ils s'étaient encore une fois absentés des chantiers vendredi.

Après la FTQ-Construction, c'est même la centrale syndicale FTQ, qui a plus de 600 000 membres, qui a diffusé un communiqué, demandant aux grutiers de rentrer au travail.

«La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec demande au gouvernement du Québec de former un comité indépendant afin d'étudier l'aspect sécuritaire du nouveau règlement qui modifie la formation des grutiers et grutières. Dans un même temps, la FTQ, qui soutient les revendications des grutiers et grutières, demande à ces derniers et au syndicat de respecter l'ordonnance émise hier et de fournir leur prestation normale de travail», avait-elle déclaré.

La grève s'était généralisée à l'ensemble des chantiers du Québec le lundi 18 juin, mais dès le jeudi précédent, les grutiers s'étaient absentés du chantier du nouveau pont Champlain, à Montréal.

«Le vrai test»

«Demain, c'est le vrai test pour les grutiers et pour le gouvernement, pour qu'il fasse respecter la loi», a lancé au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Éric Côté, vice-président principal de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec.

«C'est la responsabilité du gouvernement de faire appliquer les lois. Il y a eu une décision, aussi, du Tribunal administratif et il y a la Loi R-20 qui est en violation. Les entrepreneurs en construction, pour des infractions bien mineures, se voient imposer des pénalités. Dans ce cas-ci, on n'a pas vu de contraventions qui ont été servies à personne. On est de moins en moins dans un État de droit; c'est fort préoccupant», a commenté M. Côté.

Les grutiers protestent ainsi contre les modifications qui ont été apportées à leur formation. Ils invoquent la sécurité du public et des travailleurs de la construction.

Lors de l'audience du Tribunal, jeudi dernier, il avait été mentionné que le Québec compte 1856 grutiers, dont 1573 sont membres d'une des deux sections locales, soit la 791-G de la FTQ-Construction ou la 905 du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International).