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25/06/2018 08:51 EDT | Actualisé 25/06/2018 08:51 EDT

Le Clostridium difficile recule dans les hôpitaux du Canada

Une chute qui rassure. Mais les bactéries ont développé une résistance à certains antibiotiques.

Clostridium difficile (bacteria responsible for hospital acquired diarrhoea) seen under optical microscopy. (Photo by: BSIP/UIG via Getty Images)
UIG via Getty Images
Clostridium difficile (bacteria responsible for hospital acquired diarrhoea) seen under optical microscopy. (Photo by: BSIP/UIG via Getty Images)

Les taux de Clostridium difficile, une infection bactérienne du côlon souvent récurrente qui cause une diarrhée débilitante, ont chuté de façon spectaculaire dans les hôpitaux du Canada depuis 2009, selon une étude.

Dans une étude publiée lundi dans le Journal de l'Association médicale canadienne, les chercheurs rapportent que les infections à C. difficile associées aux hôpitaux ont diminué de 36 pour cent entre 2009 et 2015.

L'auteur principal de l'étude, le docteur Kevin Katz de l'hôpital torontois North York General, a expliqué que cette chute est «probablement» attribuable à «un certain nombre d'interventions».

Les améliorations des mesures de contrôle des infections — telles que l'amélioration des tests, l'utilisation plus judicieuse des antibiotiques, le lavage fréquent des mains et le nettoyage plus fréquent et intensif des hôpitaux au cours de la dernière décennie — peuvent avoir contribué à la baisse des taux d'infection, a-t-il dit.

Alors qu'une forme virulente de C. difficile connue sous le nom de NAP1 s'est avérée être la souche la plus commune affectant les patients au cours de l'étude de sept ans, la proportion de cas provoqués par rapport à d'autres souches a également diminué, selon les chercheurs.

C. difficile est la cause infectieuse la plus fréquente de diarrhée chez les patients hospitalisés dans les pays développés, ce qui conduit à une maladie grave et, dans certains cas, la mort. Les personnes âgées et les personnes prenant des antibiotiques sont les plus vulnérables à l'infection.

Les antibiotiques à large spectre pris pour une autre infection peuvent tuer les soi-disant bonnes bactéries dans le tractus gastro-intestinal, permettant à C. difficile de s'épanouir chez ceux exposés à la bactérie.

Les bactéries C. difficile produisent une toxine qui provoque une inflammation du côlon. Le microbe crée également des spores difficiles à éradiquer, qui peuvent contaminer les surfaces des chambres d'hôpital et propager rapidement l'infection.

Des bactéries plus résistantes

Les médecins traitent C. difficile avec des antibiotiques plus ciblés, mais les bactéries ont développé une résistance à certains d'entre eux, rendant souvent la maladie plus difficile à vaincre.

La NAP1, qui est résistante aux antibiotiques de la famille des fluoroquinolones, a été responsable de plusieurs éclosions d'infections nosocomiales au fil des ans, dont une épidémie au Québec qui a débuté en 2002. Au cours des années suivantes, des milliers de patients ont développé la maladie et au moins 2000 personnes ont perdu la vie.

«Ce qui est spécial à propos de NAP1 (...) est sa capacité à produire beaucoup plus de toxines», a expliqué le docteur Katz, qui ajoute que les spores produites par la souche sont beaucoup plus difficiles à détruire par le nettoyage que les «bactéries germinatives régulières»

Pour mener l'étude, les chercheurs du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales ont examiné les données provenant des hôpitaux de soins actifs à travers le pays entre 2009 et 2015.

Au total, 20 623 cas de C. difficile d'origine hospitalière sont survenus durant la période d'étude du réseau, principalement dans les hôpitaux de plus de 200 lits. Au cours de cette période de sept ans, 158 décès ont été attribués à l'infection, principalement chez les personnes âgées.