POLITIQUE
22/06/2018 11:38 EDT | Actualisé 22/06/2018 11:38 EDT

La mairesse de Longueuil porte plainte contre l'opposition devant la Commission municipale du Québec

Les manoeuvres partisanes se multiplient à Longueuil depuis les élections du 5 novembre.

Olivier Robichaud

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, déposera une plainte formelle à la Commission municipale du Québec (CMQ) contre les élus de l'opposition. Ceux-ci ont boycotté deux séances du conseil municipal où des motions de blâme contre la mairesse et le président du conseil devaient être débattues.

La tension ne cesse de monter à Longueuil, théâtre d'une guerre fratricide entre anciens collègues du parti Action Longueuil, qui s'est scindé en deux l'an dernier. La mairesse entend porter sa cause devant la CMQ, qui a l'autorité de juger des questions relevant du Code d'éthique et de déontologie des élus.

«Le premier rôle d'un élu est d'assister aux séances du conseil quand il y a convocation. [Mercredi et jeudi], plusieurs membres du conseil qui ne sont pas en vacances ont refusé de jouer leur premier rôle au sein de la Ville de Longueuil. Alors, je vous annonce que je vais poser des gestes concrets dans les jours à venir pour que ces élus soient recentrés sur leur rôle premier», a-t-elle dit jeudi, après le second boycott.

Rappelons que l'opposition a demandé une séance extraordinaire du conseil afin de déposer une motion de blâme contre la mairesse Parent. Ils lui reprochent d'avoir suspendu les travaux des commissions, où les élus de Longueuil Citoyen sont majoritaires.

Longueuil Citoyen demandait que la séance soit tenue entre le 26 et le 29 juin, mais la mairesse a plutôt choisi le 20 juin, alors que plusieurs membres de l'opposition étaient en vacances. Cette situation lui aurait permis d'éliminer la majorité détenue par les deux partis d'opposition (le second étant Option Longueuil). Ceux-ci ont choisi de ne pas se présenter, ce qui a empêché la tenue de la séance, faute de quorum.

La mairesse souhaite également déposer une motion de blâme contre le président du conseil, Jonathan Tabarah, membre de Longueuil Citoyen. Elle lui reproche d'avoir manqué à son devoir de neutralité en signant la motion de blâme contre Mme Parent.

Cette saga est loin d'être terminée. La mairesse a annoncé qu'elle ne convoquera plus d'autres séances extraordinaires sur cette question, accusant l'opposition d'avoir «gaspillé le temps de l'administration municipale et l'argent des citoyens» avec ses deux boycotts. Mais le chef de l'opposition, Xavier Léger, peut encore forcer la tenue d'une séance à la date qu'il souhaite, si trois de ses élus font une demande écrite au greffier de la Ville.

La mairesse ne pourrait pas à son tour forcer l'annulation de la séance, puisqu'elle ne détient pas suffisamment de sièges pour empêcher l'atteinte du quorum.

Le cabinet de M. Léger affirme que toutes les avenues sont présentement étudiées.