POLITIQUE
21/06/2018 09:11 EDT | Actualisé 21/06/2018 14:40 EDT

Promotion de la souveraineté: des péquistes donnent raison à François Gendron

Les propos du doyen hantent le caucus estival de l'opposition.

François Gendron, député d'Abitibi-Ouest et doyen de l'Assemblée nationale.
LA PRESSE CANADIENNE
François Gendron, député d'Abitibi-Ouest et doyen de l'Assemblée nationale.

WENDAKE – Les propos du doyen de l'Assemblée nationale, le péquiste François Gendron, ont hanté les péquistes en marge de leur caucus à l'aube de la période estivale. Au moins un autre de ses collègues abonde dans le même sens que lui et souhaite que le parti fasse davantage la promotion de la souveraineté.

Au moment de tirer sa révérence après 42 ans en politique, M. Gendron a accordé une entrevue à La Presse canadienne dans laquelle il dit que «le PQ a des reproches à se faire». À son avis, il faut revenir aux «méthodes de base» du militantisme pour expliquer aux gens pourquoi le Québec doit devenir un pays. Il n'a cependant pas critiqué le leadership de son chef Jean-François Lisée.

«Moi, j'aurais aimé qu'on en parle plus», a laissé entendre Claude Cousineau, député sortant de Bertrand, venu saluer ses collègues une dernière fois à l'Hôtel-Musée des Premières Nations à Wendake.

Moi, j'ai parlé au cheval à quelques reprises et le cheval ne m'a jamais tenu des propos aussi désespérés.Maka Kotto, à propos de François Gendron

S'il qualifie la stratégie du chef Jean-François Lisée – de repousser un référendum à un deuxième mandat majoritaire - d'«intéressante», il se contente de dire que «l'avenir nous dira dans trois mois» si elle aura marché.

M. Gendron, pour sa part, brillait par son absence lors du caucus de son parti.

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Jean-François Lisée, chef du Parti québécois.

Lors d'un point de presse en matinée, M. Lisée a balayé les critiques de ses députés du revers de la main. «J'aime toujours me fonder sur les faits plutôt que sur les impressions. Et le fait est qu'on en parle énormément [de souveraineté].»

«Est-ce qu'on a le budget de publicité de Coca-Cola? Non. À partir de quel moment ça devient suffisant pour certains qui aimeraient qu'on en parle plus? C'est un débat qu'on peut avoir entre nous», a ajouté le chef.

Des tam-tams et des chevaux

Le député de Bourget, Maka Kotto, s'est dit «étonné de l'écart de pensée entre ce qui est rapporté et ce dont on a souvent discuté» - allant même jusqu'à prétendre que M. Gendron a été mal cité dans son entrevue.

«Vous savez, quand on bat le tam-tam, le son, dépendamment de la distance qu'il poursuit jusqu'à son objectif, il peut varier. Suivant des positions des uns et des autres, qui captent le message, celui-ci peut être interprété de différentes manières. Mais moi, j'ai parlé au cheval à quelques reprises et le cheval ne m'a jamais tenu des propos aussi désespérés.»

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Mireille Jean, députée de Chicoutimi.

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, a nuancé les propos de M. Gendron. «Je pense que, si on prend dans une perspective globale, effectivement, le Parti québécois a pu, pendant un temps, mettre de côté la promotion de l'indépendance», a-t-elle laissé tomber.

«Mais je pense qu'avec Jean-François Lisée, avec l'équipe du Parti québécois avec laquelle on évolue présentement, plus que jamais, on a un échéancier clair vers l'indépendance et je pense qu'on en fait la promotion.»

Sa collègue Mireille Jean, députée de Chicoutimi, soutient qu'«on n'en parle jamais assez» et qu'il faut maintenir le dialogue à tous les jours.

«Facebook Live, c'est accessible!»

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, rejette les accusations de M. Gendron. Il dit que le PQ fait la promotion de la souveraineté dans plusieurs dossiers en dénonçant l'action du fédéral – que ce soit dans le dossier du cannabis ou des pipelines.

«La meilleure façon de protéger notre environnement, c'est de faire la souveraineté. Je l'ai dit sur plein, plein, plein de tribunes», fait-il valoir.

Mais cette promotion se fait-elle seulement auprès des convertis? «Quand on fait un conseil national avec une grande présentation de Jean-Martin [Aussant] qui est diffusée sur Facebook Live, c'est accessible à tout le monde!» répond M. Gaudreault.

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Sylvain Gaudreault, député de Jonquière.

Selon le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, il ne fait aucun doute que la population sait que son parti est souverainiste depuis sa création. Il en a ensuite profité pour décocher une flèche à la Coalition avenir Québec, qui trône dans les sondages.

«On est des gens authentiques, on n'est pas des opportunistes et je pense que les gens reconnaissent les personnes qui sont vraies», a-t-il lancé.

En troisième place dans les sondages, les péquistes conviennent qu'ils devront redoubler d'ardeur à l'approche de la campagne électorale pour faire connaître leurs propositions. Malgré tout, M. Lisée reste optimiste. «On va taper sur le tam-tam très fort, c'est certain.»