POLITIQUE
19/06/2018 18:52 EDT | Actualisé 19/06/2018 19:21 EDT

Le message du premier ministre Couillard au président Trump: «Ça suffit!»

Le premier ministre organise sa riposte.

PC/Jacques Boissinot

Le message lancé mardi par le premier ministre Philippe Couillard au président américain Donald Trump ressemblait à un cri du coeur: "Ça suffit!"

Le vent de protectionnisme qui souffle des États-Unis en direction du Québec et du Canada tout entier, alors que se multiplient les décisions du président Trump préjudiciables à l'économie québécoise, tout cela a fini par exaspérer le premier ministre Couillard, qui est en train d'organiser sa riposte.

"Comme on dit chez nous: Ça suffit! Il faut quand même garder une certaine réserve", a plaidé le premier ministre, soucieux de ne pas endommager cette relation de partenariat entre "amis et voisins".

Entouré d'une bonne partie de ses ministres, il avait convoqué mardi les leaders patronaux et syndicaux, au Salon rouge de l'Assemblée nationale, afin de rappeler à tous l'importance de "se serrer les coudes" quand les choses vont mal et que la menace d'une guerre commerciale Canada-États-Unis semble grandir un peu plus chaque jour.

Car les liens avec les États-Unis doivent être "nourris", a-t-il fait valoir, pas affaiblis.

En point de presse, à l'issue de la rencontre qui aura duré environ deux heures, le premier ministre a dit qu'il entendait annoncer sous peu un plan d'action visant à instaurer des mécanismes de concertation susceptibles d'amoindrir les effets des attaques provenant du sud, qui pourraient se traduire par des pertes d'emplois.

Il s'est dit à la recherche d'un modèle québécois de concertation, assurant "un dialogue social" plus soutenu, au moins une fois par année, entre les patrons, les syndicats et le gouvernement.

En cette période d'incertitude, M. Couillard entend par ailleurs multiplier les missions économiques et diplomatiques, à Washington et New York, dans les prochains mois, afin de faire pression sur les décideurs et les législateurs américains, d'ici l'échéance électorale du 1er octobre.

L'intervention du Québec chez nos voisins du sud sera peut-être vue comme "un grain de sable", a-t-il dit, mais c'est important d'être là, sur place, pour faire tout ce qui est possible pour tenter d'influencer le cours des choses, notamment en ce qui touche les hausses massives de tarifs.

Il s'est dit assuré que les élections de mi-mandat, cet automne aux États-Unis, alors que sera revu le contrôle des deux Chambres, pourront contribuer à sensibiliser la population américaine à l'importance de modifier l'agenda économique du président, qui est en train de nuire d'abord aux Américains eux-mêmes, avec ses politiques protectionnistes, a-t-il fait valoir.

"De plus en plus, les Américains vont remarquer les impacts négatifs chez eux des politiques de leur président, qu'on pense aux tarifs élevés imposés aux secteurs du bois d'oeuvre, du papier journal, de l'acier ou de l'aluminium en provenance du Canada.

"Déjà, des voix s'élèvent aux États-Unis" pour s'opposer à cette orientation, selon lui.

À l'heure actuelle, grâce à la faiblesse du dollar canadien, les entreprises québécoises n'ont pas trop souffert des mesures de protectionnisme "et n'ont pas perdu de compétitivité".

Cette situation trouble fait en sorte que les investisseurs se demandent où investir, et pourraient hésiter à s'installer au Québec, selon M. Couillard.

Dans une certaine mesure, le gouvernement du Québec va tenter par des programmes, des mesures fiscales et l'injection de fonds publics d'annuler l'effet indésirable des tarifs annoncés ou à venir sur les entreprises. Les contribuables vont donc certainement payer le prix des politiques économiques américaines, a-t-il convenu.