POLITIQUE
18/06/2018 12:13 EDT | Actualisé 18/06/2018 15:00 EDT

Le coroner demande des améliorations à la suite du décès de Clément Ouimet

La sécurité autour du belvédère Camillien-Houde laisse à désirer, à moins d'y interdire complètement les voitures.

Olivier Robichaud

La sécurité autour du belvédère de la voie Camillien-Houde serait à revoir, à moins d'y interdire complètement l'accès aux automobilistes, conclut le coroner qui a enquêté sur le décès du cycliste Clément Ouimet. La tentation de faire un virage en U illégal serait trop grande.

Clément Ouimet est décédé le 4 octobre 2017, lorsqu'un touriste a effectué un virage en U pour retourner en direction ouest. Le cycliste a eu à peine le temps d'activer ses freins avant de percuter le VUS. Il a subi d'importantes blessures au crâne.

Dans son rapport diffusé lundi, le coroner Jean E. Brochu souligne qu'il est impossible de quitter le belvédère Camillien-Houde en direction ouest. La tentation de se rendre jusqu'au bout du muret de béton qui sépare les deux voies pour faire un virage illégal est donc très forte.

«Le belvédère — à l'origine un stationnement pour les voitures — offre une magnifique vue sur la Ville de Montréal. Son aménagement fait toutefois en sorte que les automobilistes ne trouvent pas de moyen facile ni d'endroit rapproché permettant de changer de direction à proximité du belvédère pour y accéder ou s'en retourner. Il est plus simple et rapide d'effectuer un virage en U sur la voie Camillien-Houde», note-t-il.

Faut-il encore permettre l'accès du belvédère aux véhicules et si la réponse à cette question est positive, comment trouver une façon d'en permettre l'accès et la sortie depuis et en direction autant de l'ouest que de l'est?Jean E. Brochu, coroner

Comme le souligne le Dr Brochu, la voie Camillien-Houde fait présentement l'objet d'un projet pilote interdisant la circulation de transit. Les voitures peuvent toutefois encore se rendre au belvédère Camillien-Houde, ainsi qu'aux stationnements de la Maison Smith et du lac aux Castors.

«Faut-il encore permettre l'accès du belvédère aux véhicules et si la réponse à cette question est positive, comment trouver une façon d'en permettre l'accès et la sortie depuis et en direction autant de l'ouest que de l'est?» se questionne le coroner.

Tout en soulevant la question, le Dr Brochu ne fait pas de recommandation précise. Il souligne tout de même que l'ajout de navettes se rendant au belvédère pourrait être nécessaire si l'accès est interdit aux véhicules.

Rappelons que l'avenir de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance est présentement à l'étude à l'Office de consultation publique de Montréal.

Le chef de l'opposition, Lionel Perez, souligne que le projet pilote lancé par l'administration Plante ne répond à aucune des préoccupations du coroner Brochu.

«Ce même genre d'accident pourrait avoir lieu encore une fois sur la même partie du mont Royal. Oui, il y a moins d'achalandage avec le projet pilote. Mais aucune mesure n'est prise pour améliorer le sort des cyclistes sur la partie où ils partagent encore la route avec les automobilistes», déplore-t-il.

Marianne Giguère, responsable du transport actif au sein de l'administration Plante, estime qu'il n'y a plus de raison de faire demi-tour sur Camillien-Houde depuis la fermeture de la circulation de transit puisque, de toute façon, les automobilistes ne peuvent plus se rendre directement vers la sortie ouest de la montagne.

«Quand on sort du belvédère, c'est parce qu'on a déjà visité le sommet», souligne-t-elle.

Mme Giguère dit étudier la possibilité d'interdire l'accès au belvédère en voiture, ou encore d'améliorer les accès.