DIVERTISSEMENT
15/06/2018 15:45 EDT | Actualisé 15/06/2018 15:45 EDT

Une nouvelle chaîne de télé consacrée aux vidéoclips

Le vidéoclip est pratiquement disparu du paysage télévisuel depuis le changement de vocation de MusiquePlus et MusiMax.

L'industrie de la musique québécoise, mise à mal par la diffusion numérique (streaming), l'expulsion des vidéoclips de la télévision et certaines décisions réglementaires, reçoit un coup de pouce du secteur privé.

La firme Stingray et l'ADISQ ont annoncé vendredi la création d'une chaîne de télévision spécialisée dans le vidéoclip québécois, PalmarèsADISQ, qui sera distribuée par Bell, Vidéotron, Cogeco et Telus dans six millions de foyers canadiens.

Stingray compte financer ce service d'abord par la commandite et la publicité et son président, Eric Boyko, a annoncé que l'entreprise versera la moitié de ses profits dans un fonds destiné à la création de vidéoclips québécois.

"Tout le monde connaît l'importance de YouTube, tout le monde connaît l'importance des vidéoclips", a-t-il fait valoir en annonçant la nouvelle vendredi au siège social de l'entreprise à Montréal.

"Le but du projet, ce n'est pas seulement un projet de télévision, mais c'est de pouvoir créer aussi plus de vidéoclips pour que nos artistes québécois et francophones puissent ensuite aller concurrencer mondialement sur plusieurs plateformes."

L'objectif de Stingray est d'atteindre rapidement un versement annuel d'un million $ à ce fonds de création.

La directrice générale de l'ADISQ, Solange Drouin, s'est vivement réjouie de cette décision de Stingray, qu'elle avait elle-même approché dans le but de mener ce projet à terme.

"Quand Solange vient vous voir et dit: je veux quelque chose, on dit oui. On a appris ça très vite!", a lancé à la blague Eric Boyko.

Le vidéoclip francophone est pratiquement disparu du paysage télévisuel depuis le changement de vocation des chaînes spécialisées MusiquePlus et MusiMax.

"Depuis quelques années, les vidéoclips d'ici ont eu la vie dure. Pourtant _ et tous les artistes vous le confirmeront _, les vidéos sont plus importantes que jamais", a martelé Mme Drouin.

Elle en a profité pour revenir à la charge contre la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui a permis il y a un an à ces deux chaînes de ne plus financer la production de vidéoclips.

"Cette décision malheureuse du CRTC fait en sorte que les vidéoclips de chez nous sont privés de leur principale source de financement", a-t-elle déploré, disant espérer que la décision, en janvier dernier, de l'organisme réglementaire du CRTC de réexaminer cette décision permettra "de mettre en place un nouveau mécanisme de financement pérenne et structurant."

franckreporter via Getty Images

"Le geste de Stingray de contribuer à la production de vidéoclips, en plus de ramener le vidéoclip à nos écrans, est un symbole fort qui, nous l'espérons, encouragera le CRTC à rendre une décision allant dans le sens des propositions présentées par l'ADISQ", qui demande notamment la création d'un nouveau fonds dédié au vidéoclip financé avec un pourcentage minime des revenus des grands groupes privés de télévision que sont Bell Média, Québecor Média, Groupe V Média, Rogers Média et Corus Entertainment.

Solange Drouin a fait valoir que des sondages réalisés par l'ADISQ démontrent que les Québécois sont informés de la sortie de nouveautés musicales d'abord à la télé et à la radio, "devant les médias sociaux et bien devant les services de 'streaming'" a-t-elle noté.

Mme Drouin a toutefois précisé, à l'instar d'Eric Boyko, que la diffusion de vidéoclips sur la plateforme numérique YouTube est devenue incontournable dans l'univers musical actuel pour rejoindre un auditoire international.

PalmarèsADISQ diffusera 24 heures sur 24 des vidéoclips, en faisant une place de choix non seulement aux musiciens québécois francophones, mais aussi ceux de langue anglaise.

"C'est la première fois qu'un service s'engage à accorder une place déterminée aux artistes du Québec qui chantent en anglais, ce qui est digne de mention", a souligné Mme Drouin.

Une place de choix sera aussi réservée aux artistes francophones du reste du Canada et à ceux provenant de la francophonie internationale.