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15/06/2018 17:17 EDT | Actualisé 15/06/2018 17:17 EDT

C'est vraisemblablement la foudre qui a tué une cinquantaine de bernaches

Ce constat élimine la possibilité d'une intoxication.

Tout indique que c'est la foudre qui est à l'origine de la mort subite d'une cinquantaine de bernaches, dont les cadavres ont été découverts jeudi matin dans l'eau du fleuve Saint-Laurent, à Contrecoeur, en Montérégie.

C'est du moins l'hypothèse préliminaire à laquelle en viennent les spécialistes de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal à qui l'on a confié la nécropsie des oiseaux décédés.

En entrevue avec La Presse canadienne, le docteur Stéphane Lair, directeur du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, a expliqué que des analyses plus poussées restent à faire, mais que les premiers résultats pointent tous dans la direction d'une électrocution alors que les bernaches se trouvaient à l'eau.

Le docteur Lair a expliqué que l'on a découvert des petites lésions au niveau du coeur qui peuvent être suggestives d'un impact par la foudre.

Par ailleurs, tous les oiseaux montrent le même degré de putréfaction, ce qui tend à démontrer qu'ils sont tous morts en même temps.

Ce constat élimine la possibilité d'une intoxication — volontaire ou attribuable à la pollution — ou d'une maladie comme un virus puisque dans de tels cas, les oiseaux seraient morts sur une certaine période de temps.

L'hypothèse de la foudre est d'ailleurs corroborée par la présence de cellules orageuses la veille de la découverte des oiseaux.

Le docteur Lair admet n'avoir jamais rien vu de tel personnellement. Les spécialistes ont plutôt l'habitude de voir des oiseaux qui sont tombés du ciel, notamment des canards, après être entrés dans une cellule orageuse.

Bien qu'il soit difficile de le prouver, les experts soupçonnent que la foudre cause un arrêt cardiaque, entraînant la chute des oiseaux dont la nécropsie, par la suite, fait plutôt état de fractures et d'hémorragies, étant donné qu'ils tombent de très haut.

Quant aux électrocutions sur les lignes à haute tension, celles-ci laissent des traces de brûlures à l'entrée et à la sortie du courant.

Dans ce cas-ci, la présence des oiseaux dans l'eau, qui est conductrice d'électricité, crée un contact sur une grande surface de sorte qu'il est normal de ne pas trouver de brûlures locales.

Les pathologistes doivent maintenant faire des analyses histologiques sur différents organes pour s'assurer qu'il n'y a pas de présence de virus ou de maladie bactérienne et vérifier du même coup la présence de lésions qui pourraient être associées à la foudre, notamment des hémorragies au niveau du coeur.

Des analyses toxicologiques seront également réalisées pour s'assurer qu'il n'y a pas présence dans les contenus digestifs de composés toxiques.