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13/06/2018 12:44 EDT | Actualisé 13/06/2018 12:44 EDT

Le Regroupement pour la valorisation de la paternité propose une série de mesures pour des papas plus impliqués

Une «stratégie d'ensemble» pour soutenir les pères est réclamée.

Getty Images/Maskot

À la veille de la fête des Pères, un regroupement réclame la mise en place d'une série de mesures pour mieux soutenir les papas québécois et les encourager à s'impliquer davantage dans la vie familiale.

Le Regroupement pour la valorisation de la paternité (RVP) souhaite voir le gouvernement québécois adopter une «stratégie d'ensemble au niveau familial et du soutien des pères», dont l'une des pierres angulaires serait une nouvelle méthode de calcul des prestations du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).

Si le RVP se dit satisfait des modifications au régime récemment proposées par le gouvernement Couillard, il recommande que les prestations du congé parental soient calculées en fonction du revenu familial. À l'heure actuelle, elles sont calculées en fonction du revenu individuel de chaque parent.

«Comme, malheureusement, les femmes ont encore souvent des salaires moins importants que les hommes, la méthode de calcul actuelle fait que c'est plus payant que l'homme retourne travailler et que la femme reste à la maison», résume Raymond Villeneuve, directeur du RVP.

Il estime que cette mesure pourrait transformer une «décision économique» en une «décision familiale», et favoriser l'égalité entre les sexes, en encourageant plus de papas à prendre une partie du congé parental.

En 2016, à peine un père sur quatre a pris au moins une partie du congé parental.

«Une mesure comme ça n'existe nulle part dans le monde, affirme-t-il. Ça vaudrait certainement la peine d'y réfléchir.»

Un congé de paternité plus long

Pour encourager les pères à s'encourager davantage à s'impliquer davantage auprès des enfants lors des premiers mois de leur vie, le RVP réclame que les pères puissent prendre jusqu'à huit semaines de congé de paternité. Ils sont présentement limités à cinq semaines ou à trois dans le régime particulier.

Raymond Villeneuve se dit ouvert à la possibilité qu'une partie du congé parental soit transformé en congé de paternité, mais préfèrerait que les semaines soient ajoutées au régime actuel.

«Tout ce qui fait que les pères passent plus de temps avec leurs enfants, on est pour, affirme-t-il. Mais il ne faudrait pas donner l'impression qu'on enlève quelque chose aux mères pour le donner aux pères.»

50% des Québécois pensent qu'un homme risque de nuire à sa carrière s'il prend un congé parental ou de paternité.- Sondage CROP-CRHA

La bonification du congé de paternité serait d'ailleurs une façon de pallier le problème du «travail invisible», le travail domestique non rémunéré est encore réalisé de façon disproportionnée par des femmes.

Encore tabou

Lorsqu'il est question de congé de paternité, il y a encore beaucoup de travail à faire pour changer les mentalités au Québec.

Selon un sondage CROP réalisé pour le compte de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, un Québécois sur deux croit que la prise du congé de paternité ou parental peut nuire à la carrière d'un homme.

Pourtant, la prise du congé parental par la mère est beaucoup mieux perçue.

Si 62% des Québécois croient que les mères qui se prévalent du congé parental bénéficient de l'appui de leurs collègues, ce chiffre glisse à 47% lorsqu'il est question des pères.

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À peine un père sur quatre a pris au moins une portion du congé parental en 2016.

C'est notamment pour cette raison que le RVP réclame une campagne sociétale auprès des employeurs et des travailleurs pour faire la promotion de la «parentalité égalitaire». Le regroupement estime que la conciliation famille-travail est tout aussi importante pour les pères que pour les mères.

D'autres grands enjeux

Le Regroupement pour la valorisation de la paternité souhaite également que le contenu des cours prénataux offerts dans les établissements de santé soit revu pour mieux préparer les pères à la parentalité.

Ceux-ci doivent aussi, selon Raymond Villeneuve, être davantage pris en compte lorsque leur partenaire reçoit des services de périnatalité. Une mesure qui bénéficierait aussi aux couples de même sexe, où une seule des deux mères porte l'enfant à naître.

Le RVP réclame aussi un meilleur soutien aux organismes communautaires qui travaillent auprès des pères - comme ceux qui vivent des difficultés après une séparation -, ainsi qu'une réforme du droit de la famille pour mieux reconnaître l'importance des pères et des beaux-pères.