POLITIQUE
12/06/2018 14:25 EDT | Actualisé 12/06/2018 14:27 EDT

Le Parti libéral attaque ses adversaires lors du dévoilement de sa politique culturelle

«Au fil des ans, le PLQ a été le défenseur le plus ardent de la culture québécoise», a déclaré la ministre de la Culture et des Communications.

La Presse canadienne/Denis Beaumont
Photo d'archives de Marie Montpetit, ministre de la Culture et des Communications, au gala Les Olivier 2017.

Le premier ministre Philippe Couillard nie avoir fait une annonce électoraliste en dévoilant en grande pompe à Montréal, mardi, la nouvelle politique culturelle de son gouvernement à quelques mois des élections.

"Ce sont deux ans de travail. Est-ce qu'on aurait voulu qu'on travaille pendant deux ans, et parce qu'il y a les élections, qu'on mette ça dans un tiroir et qu'on s'en aille pour faire une campagne électorale? Bien non", a laissé tomber le premier ministre, qui était accompagné de la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit.

La Presse canadienne avait révélé les grandes lignes de la politique, dimanche, et les partis d'opposition avaient rapidement critiqué le gouvernement d'avoir attendu seulement quelques mois avant les élections pour annoncer cette politique revendiquée depuis longtemps par les artistes.

Du même souffle, M. Couillard en a toutefois profité pour décocher une flèche à ses adversaires, qui selon lui, parlent trop peu de culture. La ministre Montpetit a d'ailleurs affirmé lors de son discours qu'aucun autre parti que le sien n'en avait fait autant pour défendre la langue française et la culture québécoise.

Un premier ministre du Québec doit parler de culture, moi j'en parle depuis 2014, j'agis depuis 2014. Faites le relevé de ce qui s'est dit en culture parmi nos opposants.Philippe Couillard

"Au fil des ans, le Parti libéral du Québec a été le défenseur le plus ardent de la culture québécoise, en matière de langue, en matière d'éducation, de création artistique, le Parti libéral du Québec a pratiquement créé toutes les institutions québécoises majeures", a-t-elle indiqué.

Le premier ministre Couillard a insisté sur ce message lorsqu'il a répondu aux questions des journalistes.

"Ça commence à être le temps qu'on le dise haut et fort. Je suis très fier d'appartenir à une formation politique qui a été aux premières loges du développement culturel du Québec dès le début du ministère. Ça doit se dire. Et les gens du milieu culturel le savent", a-t-il soutenu.

"Un premier ministre du Québec doit parler de culture, moi j'en parle depuis 2014, j'agis depuis 2014. Faites le relevé de ce qui s'est dit en culture parmi nos opposants", a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette politique, Québec entend investir plus de 600 millions $ afin de mieux faire rayonner la culture québécoise et de protéger davantage les artistes du milieu.

La ministre Montpetit a été chaudement applaudie à la fin de son discours, dans lequel elle s'est notamment engagée à verser plusieurs millions de dollars à des organismes culturels et à investir 168,2 millions $ pour aider les acteurs du milieu culturel dans leur virage numérique - ce qui comprend une enveloppe de 13,7 millions $ qui servira à augmenter la part de contenu francophone dans les plateformes numériques culturelles.

Cette politique doit s'étaler jusqu'en 2023, mais on ne sait pas si elle sera effectivement en place jusqu'à ce moment, puisqu'il pourrait y avoir un changement de gouvernement en octobre prochain.

M. Couillard a affirmé que la politique apparaîtrait dans le cadre financier électoral de son parti, et que les autres partis auront à s'expliquer sur cette proposition.

"Posez la question aux autres partis: "Est-ce que vous allez maintenir la politique culturelle?"", a-t-il soutenu en mêlée de presse après l'annonce.

"Monsieur Legault (François, le chef de la Coalition avenir Québec) ne parle jamais de culture. Jamais. Je pense qu'il ne m'a jamais posé de question sur la culture en quatre ans."

La politique culturelle 2018-2023, en bref:

  • Investissement de 50,2 millions $ dans la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC);
  • Investissement de 65,5 millions $ dans le Conseil des arts et lettres du Québec;
  • Révision des deux lois sur le statut de l'artiste et de la loi sur la SODEC;
  • Élaboration d'une stratégie gouvernementale en architecture;
  • Amélioration de l'accès aux oeuvres culturelles dans le milieu éducatif, de la petite enfance à l'éducation postsecondaire.