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10/06/2018 08:19 EDT | Actualisé 10/06/2018 08:19 EDT

Volte-face de Trump au G7: les réactions commencent à tomber

«La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots», a soutenu l'Élysée.

Christinne Muschi / Reuters

La décision-choc de Donald Trump de désavouer le communiqué final du sommet du G7 — en insultant copieusement Justin Trudeau au passage — suscite de nombreuses réactions, notamment une, très négative, en provenance de l'Élysée.

Le président américain a infligé une gifle diplomatique au premier ministre canadien et à ses alliés du groupe des sept, samedi, en annonçant sur Twitter qu'il avait donné l'instruction à ses représentants de ne pas signer le communiqué découlant de la rencontre.

Il l'a fait tout juste après avoir quitté La Malbaie, en taxant Justin Trudeau de «malhonnête» et de «faible» et l'accusant d'avoir fait de «fausses déclarations» en matière de commerce.

«Le premier ministre Justin Trudeau du Canada a été si docile et si doux pendant nos rencontres au G7, tout ça pour ensuite donner une conférence de presse après mon départ en disant que "les tarifs américains sont un peu insultants" et qu'il ne se "laisserait pas bousculer"», a persiflé le locataire de la Maison-Blanche.

À l'Élysée, on a réagi à cette désolidarisation par voie de communiqué, dimanche, en faisant valoir que «la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots» et en assurant «que La France et l'Europe maintiennent leur soutien» au communiqué final du G7.

«Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance», a noté la présidence selon une déclaration relayée par l'Agence France-presse.

«Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons», a indiqué le palais de l'Élysée.

Le premier ministre Justin Trudeau n'a pas encore offert de réaction publiquement à cette sortie fracassante de Washington.

La veille, son bureau avait choisi de ne pas ajouter de l'huile sur le feu en répliquant directement aux insultes proférées par Donald Trump sur Twitter.

«Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n'a rien dit qu'il n'avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu'en conversations privées avec le président», a écrit samedi soir dans un courriel Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications du premier ministre.

Ce dernier reprend le collier du G7, dimanche.

Justin Trudeau tiendra une série de rencontres bilatérales à Québec avec des dirigeants de pays invités dans le cadre du sommet du G7, à commencer par un entretien avec le président du Sénégal, Macky Sall.

Il rencontrera par la suite les présidents du Rwanda, Paul Kagame, du Kenya, Uhuru Kenyatta, et de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, de même que la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, et le premier ministre du Vietnam, Nguyen Xuân Phúc.