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10/06/2018 11:02 EDT | Actualisé 10/06/2018 12:51 EDT

Justin Trudeau sort de son mutisme sur la volte-face de Trump au G7

Il est passé en coup de vent devant les journalistes qui s'étaient massés dans le lobby du Château Frontenac.

Yves Herman / Reuters

Le premier ministre Justin Trudeau s'est montré laconique, dimanche, commentant brièvement et par la bande la décision du président américain Donald Trump de désavouer le communiqué final du sommet du G7.

Si, de passage à Québec au lendemain de cette spectaculaire volte-face du locataire de la Maison-Blanche, il est passé en coup de vent devant les journalistes qui s'étaient massés dans le lobby du Château Frontenac, il a affiché un court message sur son compte Twitter.

"L'accord historique que nous avons conclu au #G7Charlevoix favorisera la prospérité des citoyens et l'économie, protégera la démocratie, préservera l'environnement et garantira les droits des femmes et des filles dans le monde. C'est ce qui compte", a écrit le premier ministre canadien.

M. Trudeau est dans la Vieille-Capitale pour une série de rencontres bilatérales avec des dirigeants de pays invités dans le cadre du sommet du G7.

En plus d'annoncer son intention d'ordonner à ses représentants de déchirer le document, tout juste après avoir quitté La Malbaie, Donald Trump a copieusement insulté Justin Trudeau sur Twitter.

Il a taxé son homologue canadien de "malhonnête" et de "faible" en l'accusant d'avoir fait de "fausses déclarations" en matière de commerce lors de sa conférence de presse, samedi, à la clôture du sommet.

"Le premier ministre Justin Trudeau du Canada a été si docile et si doux pendant nos rencontres au G7, tout ça pour ensuite donner une conférence de presse après mon départ en disant que "les tarifs américains sont un peu insultants" et qu'il ne se "laisserait pas bousculer"", a persiflé le locataire de la Maison-Blanche.

Du côté de l'Élysée, on a réagi à cette désolidarisation par voie de communiqué, dimanche, en faisant valoir que "la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots" et en assurant "que La France et l'Europe maintiennent leur soutien" au communiqué final du G7.

"Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance", a noté la présidence selon une déclaration relayée par l'Agence France-Presse.

"Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons", a indiqué le palais de l'Élysée.

Le premier ministre Justin Trudeau, lui, n'a pas encore offert de réaction personnelle à cette sortie fracassante de Washington.

La veille, son bureau avait choisi de ne pas ajouter de l'huile sur le feu en répliquant directement aux insultes proférées par Donald Trump sur Twitter.

"Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n'a rien dit qu'il n'avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu'en conversations privées avec le président", a écrit samedi soir dans un courriel Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications du premier ministre.

De son côté, l'administration Trump en a remis une couche, dimanche matin.

En entrevue au réseau américain CNN, le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow a déclaré que Justin Trudeau avait "poignardé dans le dos" la délégation américaine avec ses commentaires sur le caractère "insultant" des surtaxes imposées sur l'acier et l'aluminium.

Il a argué que le premier ministre du Canada avait causé du tort "à tout le G7", alors que les États-Unis avaient selon lui accepté de participer au sommet, de négocier et de signer le communiqué "de bonne foi".