POLITIQUE
10/06/2018 16:51 EDT | Actualisé 10/06/2018 16:51 EDT

Ottawa présentera lundi la mise à jour de la stratégie sur l'itinérance

Malgré certaines réussites, le programme s'est fait critiquer pour ses critères stricts et son cadre limité.

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Le gouvernement fédéral a mis à jour sa stratégie pour lutter contre l'itinérance, qui devrait être centrée sur les résultats, plutôt que sur la rapidité à laquelle les villes dépensent les fonds.

C'est par l'entremise de la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance que le gouvernement fédéral investit des fonds pour aider les municipalités à sortir les itinérants de la rue.

Malgré certaines réussites, le programme s'est fait critiquer pour ses critères stricts et son cadre limité.

Le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, devrait remédier à ces inquiétudes, lundi, lorsqu'il dévoilera les changements qui seront apportés à la stratégie et aux règles régissant ce programme de 2,1 milliards $ qui s'étale sur les dix prochaines années.

Le gouvernement devrait octroyer les fonds selon les résultats, au lieu d'effectuer des versements ponctuels.

Le nouveau programme devrait aussi permettre le financement de projets qui ne cadrent pas dans l'approche du «Logement d'abord», qui consiste à offrir le plus tôt possible un logement et des services aux sans-abris, avant qu'il n'aillent d'abord chercher de l'aide pour des traitements.

Le gouvernement libéral a longuement examiné sa stratégie après avoir entendu les plaintes des villes sur les lourdes exigences de suivi, le financement inadéquat et les attentes irréalistes sur la rapidité à laquelle les villes dépensent les fonds.

Le budget de 2017 avait doublé les investissements que le gouvernement fédéral prévoyait dépenser pour les dix prochaines années.

Le programme vise à aider deux groupes d'itinérants: les sans-abris chroniques, et ceux qui se retrouvent à plusieurs reprises dans la rue. Entre 2014 et 2016, les investissements fédéraux ont permis de placer plus 6000 personnes dans des logements stables, dont plus de 41 pour cent qui étaient toujours sous leur toit un an plus tard, selon un récent rapport.

Ce rapport suggérait par ailleurs que les allocations du fédéral ne prenaient pas en compte les nouvelles réalités démographiques au pays, dont l'essor de population dans les villes de l'Ouest.

En mai, un comité consultatif avait recommandé d'élargir la définition de l'itinérance pour fournir de l'aide à d'autres groupes, dont les femmes fuyant la violence conjugale, les jeunes qui s'identifient comme LGBTQ2, les Autochtones et les anciens combattants.

Le comité avait aussi appelé le gouvernement à établir une échéance ferme pour éliminer l'itinérance au Canada.

Cette annonce, qui se fera lundi à Toronto, est la dernière mesure de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté que les libéraux avaient promis de mettre en place d'ici l'année prochaine.