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10/06/2018 14:30 EDT | Actualisé 10/06/2018 14:47 EDT

Ottawa ne veut pas d'une guerre de mots avec Trump

C'est ainsi que s'est exprimée la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

PC/Justin Tang

Déjà engagé dans une querelle commerciale avec l'administration Trump, le gouvernement Trudeau n'a pas l'intention de se lancer, en plus, dans une guerre d'insultes "ad hominem" avec son voisin du sud, a signifié dimanche la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

C'est ce qu'a soutenu la diplomate en chef du Canada en conférence de presse au Château Frontenac, à Québec, quelques heures après que le président américain Donald Trump eut désavoué le communiqué final du sommet du G7. Il l'a fait en taxant son homologue Justin Trudeau de "malhonnête" et de "faible", entre autres épithètes.

À son avis, "la chose qui est vraiment une insulte, c'est la décision du côté américain d'imposer les surtaxes sur l'acier et l'aluminium canadien" _ un geste qu'elle a de nouveau qualifié d'"illégal", d'"injustifié" et d'"insultant", en réitérant que le Canada a toujours l'intention de riposter avec ses mesures de rétorsion le 1er juillet.

Lorsqu'on lui a demandé si le Canada et les États-Unis étaient désormais véritablement engagés dans une querelle diplomatique, elle a répondu qu'il existait "certainement un contraste important dans les positions", et que selon elle, "la chose qui importe le plus, ce sont les actions et non les mots".

Malgré cette rixe entre voisins, les pourparlers entourant la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) se poursuivront, a-t-elle signalé. "J'ai eu vendredi une réunion avec l'ambassadeur (Robert) Lighthizer, avec qui je vais parler encore une fois cet après-midi (dimanche)."

La ministre Freeland se trouvait à Québec pour prendre part à une série de rencontres bilatérales avec le premier ministre Justin Trudeau. Ce dernier a refusé de commenter la situation, dimanche matin. Il est passé en coup de vent devant les journalistes qui s'étaient massés dans le lobby de l'hôtel.

Il a néanmoins publié un message sur son compte Twitter. "L'accord historique que nous avons conclu au #G7Charlevoix favorisera la prospérité des citoyens et l'économie, protégera la démocratie, préservera l'environnement et garantira les droits des femmes et des filles dans le monde. C'est ce qui compte", a-t-il écrit.

Le premier ministre du Canada s'est fait copieusement insulter sur le même réseau social par son homologue américain, samedi soir. Moins de 24 heures avant, le président américain assurait pourtant que la relation canado-américaine était meilleure que jamais.

"Le premier ministre Justin Trudeau du Canada a été si docile et si doux pendant nos rencontres au G7, tout ça pour ensuite donner une conférence de presse après mon départ en disant que "les tarifs américains sont un peu insultants" et qu'il ne se "laisserait pas bousculer"", a-t-il persiflé.

"Très malhonnête et faible. Nos tarifs sont une réplique aux siens, de 270 pour cent, sur les produits laitiers", a ajouté M. Trump.

"Colères" et "petits mots"

Du côté de l'Élysée, on a réagi à la désolidarisation de l'administration Trump par voie de communiqué, dimanche, en faisant valoir que "la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots" et en assurant "que La France et l'Europe maintiennent leur soutien" au communiqué final du G7.

"Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance", a noté la présidence. "Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons", a indiqué le palais de l'Élysée.

La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi réaffirmé son soutien au communiqué du sommet de La Malbaie.