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09/06/2018 19:16 EDT | Actualisé 09/06/2018 20:06 EDT

Trump se ravise et refuse de signer le communiqué final du G7

Sur Twitter, il a accusé le premier ministre canadien Justin Trudeau d'avoir dit des «faussetés» au cours de sa conférence de presse.

Jonathan Ernst / Reuters

Le président Donald Trump a infligé une retentissante gifle diplomatique au "malhonnête et faible" Justin Trudeau et à ses "fausses déclarations". À peine quelques heures après avoir quitté le sommet de La Malbaie, il a dit avoir ordonné à ses représentants de ne pas signer le communiqué commun qui avait été élaboré à l'issue de la rencontre.

"En raison des fausses déclarations de Justin pendant sa conférence de presse, et le fait que le Canada impose d'énormes tarifs à nos fermiers, nos travailleurs et nos compagnies, j'ai donné l'instruction à nos représentants américains de ne pas appuyer le communiqué", a-t-il écrit, menaçant d'imposer de nouveaux tarifs sur l'automobile "qui inondent le marché des États-Unis".

Le locataire de la Maison-Blanche en a rajouté une couche dans un second gazouillis.

"Le premier ministre Justin Trudeau du Canada s'est comporté de manière si docile et si douce pendant nos rencontres au G7, tout ça pour ensuite donner une conférence de presse après mon départ en disant que "les tarifs américains sont un peu insultants" et qu'il ne se "laisserait pas bousculer"", a-t-il persiflé.

"Très malhonnête et faible. Nos tarifs sont une réplique aux siens, de 270 pour cent, sur les produits laitiers", a ajouté M. Trump.

Au cabinet de Justin Trudeau, on n'a pas voulu verser dans la surenchère en réaction à cette spectaculaire volte-face.

"Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n'a rien dit qu'il n'avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu'en conversations privées avec le président", a écrit samedi soir dans un courriel Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications du premier ministre.

Celui-ci se réjouissait quelques heures auparavant d'avoir réussi à rallier les sept dirigeants derrière un communiqué conjoint.

Il avait concédé que des désaccords subsistaient entre les alliés du groupe des sept, mais se félicitait d'avoir présidé un sommet dont l'issue était positive.

"On a livré pour ce sommet", a-t-il tranché, soulignant notamment le fait qu'il a permis de mener à un engagement de verser 3,8 milliards $ pour l'éducation des filles dans les pays en situation de conflit ou moins bien nantis.

Interrogé sur la question litigieuse du commerce, Justin Trudeau a affirmé que le Canada avait bien l'intention d'imposer à son tour des tarifs douaniers sur des produits importés des États-Unis, si l'administration Trump ne change pas d'idée quant à l'acier et l'aluminium.

Le gouvernement américain a récemment imposé des tarifs douaniers sur ces métaux provenant notamment du Canada et de l'Union européenne, évoquant des raisons de sécurité nationale.

Donald Trump a répété samedi que les préoccupations de son pays étaient légitimes.

"Moi, ma préoccupation principale et fondamentale doit être de défendre les travailleurs et les intérêts canadiens. Et les tarifs injustes et inacceptables que le président est en train de nous imposer exigent une réponse claire et ferme", a-t-il soutenu.

Le premier ministre Trudeau a affirmé que Donald Trump ne l'avait pas menacé d'imposer de nouveaux tarifs si le Canada ripostait.

Séance de travail nocturne

Les leaders des sept puissances avaient décidé d'un commun accord de se relever les manches et de se réunir dans la nuit de vendredi à samedi pour tenter de dégager des consensus.

Des photos de cette séance de travail tardive ont été partagées sur les comptes des réseaux sociaux de la plupart des chefs du G7 (ou ceux de leurs proches collaborateurs). Dans chaque cas, on a sélectionné des clichés les montrant au centre de l'action, comme pour démontrer leur rôle crucial dans le processus.

Le communiqué du G7 n'avait toujours pas été rendu public en début de soirée, samedi. Une armée de fonctionnaires des sept délégations le passait toujours au peigne fin, a-t-on signalé au gouvernement canadien.

Là où le premier ministre Trudeau n'a pas réussi à fédérer, c'est sur la question du climat.

Deux pays sur sept n'ont pas signé la "Charte du plastique" visant à protéger les océans. Il s'agit du Japon et des États-Unis.

Le président Trump, qui avait reçu quelques jours auparavant le premier ministre japonais Shinzo Abe à la Maison-Blanche, a donc joué les trouble-fête sur cette question aussi.

Mais malgré les gazouillis incendiaires ou les déclarations fracassantes que le locataire de la Maison-Blanche a balancés dans les heures précédant l'ouverture du sommet, il n'est pas parvenu à éclipser les autres enjeux du sommet, estime Justin Trudeau.

En fait, selon le premier ministre, ce sont les médias qui ont cherché à présenter les choses de cette façon.

"Je comprends que c'est un petit peu l'approche que vous aviez dans les jours qui ont mené à ce sommet", a-t-il dit en réponse à la question d'un journaliste.