NOUVELLES
09/06/2018 09:49 EDT | Actualisé 09/06/2018 13:49 EDT

Donald Trump provoque un malaise en arrivant en retard au déjeuner sur l'égalité des sexes

L'expression faciale du président français, Emmanuel Macron, traduisait un certain agacement...

Yves Herman / Reuters

Le président américain, Donald Trump, a provoqué un certain malaise à La Malbaie, samedi matin, en arrivant avec plusieurs minutes de retard à une rencontre sur l'égalité des sexes.

Le premier ministre Justin Trudeau a lancé le déjeuner de travail sur cet enjeu par une allocution, s'adressant à la vingtaine de convives installés à la table.

Tous les chefs du G7 étaient présents _ sauf le président des États-Unis, Donald Trump, dont le siège était vacant.

Alors que la coprésidente du conseil consultatif sur l'égalité des sexes créé par le gouvernement Trudeau pour le sommet, Isabelle Hudon, venait de commencer à parler, il a fait son entrée.

Son arrivée fut tout sauf discrète, puisque des agents de sécurité ont dû lui faire un chemin à travers la horde de journalistes, dont plusieurs étaient munis de caméras.

La scène a provoqué un certain malaise dans la salle.

Le président de la France, Emmanuel Macron, en particulier, a semblé éprouver un certain agacement. Il a fixé pendant de nombreuses secondes son homologue des États-Unis.

À l'issue du déjeuner et de la séance de travail privée qui a suivi, Isabelle Hudon a semblé agacée aussi par les questions insistantes des journalistes sur le manque de ponctualité de Donald Trump.

"Il a sa personnalité, et je n'ai pas le goût (...) de mettre un nuage au-dessus de cette rencontre-là quand cette rencontre-là s'est très bien déroulée", a offert celle qui est aussi ambassadrice du Canada en France.

"Toute la rencontre à huis clos, où on devait avoir les sept leaders, les sept leaders y étaient", a-t-elle insisté en mêlée de presse au Casino de Charlevoix, devenu centre des médias le temps du sommet du G7.

Mais oui, à un certain moment, le fait que Donald Trump ne soit pas assis devant le plateau-repas qui lui était destiné a suscité "un grain d'anxiété", a concédé Isabelle Hudon.

"La dernière chaise, qui est celle de M. Trump, il est vrai qu'on avait hâte qu'il entre pour s'asseoir dans sa chaise", a-t-elle relaté.

"Mais comme je vous dis, il a été présent 100 pour cent de la rencontre, il nous a félicités, il est venu me voir à la fin pour me dire que c'était du bon travail, et surtout, qu'il allait informer sa fille des travaux", a-t-elle insisté en parlant d'Ivanka Trump.

Le conseil consultatif, qui est coprésidé par la philanthrope Melinda Gates est composé de 21 femmes provenant de plusieurs pays, dont la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, et la jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai.

Dans un rapport publié en prévision du sommet du G7, ce conseil consultatif a notamment recommandé de consacrer 0,7 pour cent de leur revenu national brut à l'aide au développement.

Il a notamment recommandé, dans un rapport paru lundi dernier, d'"institutionnaliser (le conseil)" afin que "l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes soient à la fois un thème autonome et transversal dans toutes les délibérations du G7".

Le président Macron, dont le pays assurera l'an prochain la présidence tournante du G7, a pris samedi cet engagement, s'est réjouie l'ambassadrice Hudon, défenderesse de longue date de l'égalité entre les sexes.

Le conseil consultatif a aussi suggéré, dans son rapport publié en prévision de la rencontre du groupe des sept, d'appuyer l'éducation primaire et secondaire dans les pays en développement.

Dans un rapport publié en prévision du sommet du G7, ce conseil consultatif a notamment recommandé de consacrer 0,7 pour cent de leur revenu national brut à l'aide au développement.

3,8 milliards $ pour l'éducation

Les membres de ce conseil espéraient un engagement concret. Elles l'auront obtenu.

Le gouvernement Trudeau a annoncé samedi qu'il avait réussi à convaincre plusieurs pays, membres ou non du G7, de verser en tout 3,8 milliards $ pour l'éducation des filles dans les pays les plus pauvres de la planète. Cet engagement de trois ans inclut 400 millions $ du Canada.

Le conseil consultatif sur l'égalité des sexe, thème principal du G7, avait suggéré aux dirigeants de soutenir l'éducation primaire et secondaire dans les pays en développement pour que les filles obtiennent au moins 12 ans de scolarité gratuite.