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08/06/2018 14:26 EDT | Actualisé 09/06/2018 08:46 EDT

Sur le plateau de «Gut Instinct», avec Josh Hartnett et Antoine Olivier Pilon

Les deux acteurs sont les têtes d'affiche d'un nouveau thriller réalisé par Daniel Roby...

Mélissa Pelletier

Lorsqu'il a été jeté à tort dans une prison thaïlandaise après une enquête qui a mal tourné, l'ex-toxicomane Alain Olivier s'est demandé s'il allait en sortir un jour. C'était sans compter le soutien du journaliste Victor Malarek du Globe and Mail, qui s'est battu pour que justice soit faite. Le réalisateur Daniel Roby (Louis Cyr, Funkytown) a tenu à raconter cette troublante histoire dans le thriller anglophone Gut Instinct, qui met en vedette Josh Hartnett (Pearl Harbor) et Antoine Olivier Pilon (Mommy). Visite du plateau à Laval pour le tournage de la scène finale.

C'est en 1989 que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a pris Alain Olivier pour le dirigeant d'un réseau d'importation d'héroïne. Approché par les autorités, l'ex-toxicomane québécois affirme avoir été impliqué malgré lui dans une opération qui aurait finalement causé le décès de Derek Flanagan, un policier fédéral. Visiblement ému par la mise en images de son histoire, Alain Olivier - interprété par Antoine Olivier Pilon - papillonne autour du plateau, appareil photo en main. Pour lui, Gut Instinct est un «véritable baume. Surtout que le gouvernement ne m'a jamais soutenu. Je me suis fait traiter de menteur, de bâtard.»

Celui qui a été enchaîné dans une cellule bondée durant presque toute sa captivité affirme qu'il a vécu l'humiliation pour la première fois de sa vie lors de son incarcération. «Lorsqu'ils m'ont mis les chaînes au pied, ça m'a tellement enragé.» A-t-il perdu espoir à travers ce cauchemar? «La femme la plus importante de ma vie, ma mère, a continué à m'écrire. Elle est malheureusement décédée une semaine après avoir su de la bouche de Victor que j'étais innocent.» À son retour au Canada près de 10 ans plus tard, Alain Olivier a intenté une poursuite de 47,5 millions de dollars contre la GRC.

Daniel Roby, qui a pu compter sur un budget de 7 millions de dollars pour réaliser ce film, ne peut toujours pas croire le malheureux sort de l'ex-toxicomane. «La première fois que j'ai lu cette histoire, j'ai eu de la difficulté à réaliser que ça pouvait se passer au Canada.»

Mélissa Pelletier

Des rôles prenants

Josh Hartnett, qui a déjà tourné à Montréal pour le film Wicker Park au début des années 2000, a tout de suite accepté de jouer le rôle du journaliste Victor Malarek. Alors que Daniel Roby se consacre déjà à ce film depuis plus de 10 ans, c'est il y a environ 3 ans que l'acteur de 39 ans s'est joint à l'aventure. Pour se préparer à jouer le journaliste du Globe and Mail, Hartnett a tenu à passer du temps avec lui à Toronto. «J'ai tenu à découvrir l'homme avant la figure publique. On a été au Globe and Mail, manger à son restaurant de sandwichs préférés. C'est un passionné à l'égo sain, qui a réussi à faire passer la justice avant son intérêt personnel.»

Le tournage, qui s'est partagé entre la Thaïlande, Vancouver et Montréal, n'a pas été de tout repos pour l'équipe. Antoine Olivier Pilon avoue qu'il a dû apprendre à se concentrer en toutes situations. «Tourner à Bangkok, par exemple, c'est tout un défi. À travers la chaleur, la pollution, le bruit... Il faut être rapide et efficace.»

Quand Josh Hartnett lance qu'il aurait le talent pour prendre Hollywood d'assaut s'il le désire, l'acteur de 20 ans esquisse un sourire. «J'adore travailler au Québec. On a beaucoup de beaux talents. Je n'ai pas envie de m'éloigner de ça, mais c'est certain que je suis curieux d'aller voir ailleurs.» À suivre!

Gut Instinct, réalisé par Daniel Roby. Date de sortie à confirmer.

Correction: Une première version de ce texte indiquait qu'Alain Olivier avait été agent d'infiltration pour la GRC, il affirme plutôt avoir été forcé de participer à l'opération.

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