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08/06/2018 12:06 EDT | Actualisé 08/06/2018 13:45 EDT

G7: Donald Trump débarque au Québec... mais pas pour très longtemps

Le président américain a été accueilli à Bagotville par une haie d'honneur de la GRC.

Le sommet du G7 de La Malbaie promet de se dérouler sur fond de vives tensions, alors que le président américain Donald Trump a lancé un (autre) pavé dans la mare en suggérant de revenir à une formule G8.

Le président américain est arrivé vendredi matin à la base militaire de Bagotville, à bord de l'avion présidentiel Air Force One. Il a été accueilli par différents dignitaires et par une haie d'honneur de la Gendarmerie royale du Canada.

Il a ensuite pris place à bord de l'hélicoptère présidentiel Marine One, qui l'a conduit jusqu'au sommet du G7 à La Malbaie.

LARS HAGBERG via Getty Images
Donald Trump lors de son arrivée à Bagotville.

Tout juste avant de s'envoler vers le Canada, il a plaidé en faveur de la réintégration de la Russie au groupe.

Le locataire de la Maison-Blanche a proposé, sur la pelouse sud de la résidence présidentielle, de réintégrer le pays de Vladimir Poutine dans le groupe sélect des puissances mondiales industrialisées. La Russie a été éjectée du club en 2014 en raison de l'annexion illégale de la Crimée.

"La Russie devrait être à la rencontre, devrait en faire partie", a-t-il lancé sur la pelouse sud de la résidence présidentielle, vendredi matin, alors qu'il s'apprêtait à monter à bord de son hélicoptère.

Le nouveau premier ministre de la République italienne, Giuseppe Conte, s'est promptement rallié à la suggestion du dirigeant des États-Unis. Sur Twitter, vendredi matin, il a signifié qu'il était d'accord, que la Russie devait réintégrer le G8, car cela était "dans l'intérêt de tous".

La position du Canada, elle, "n'a pas changé", a signalé vendredi Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications au bureau du premier ministre Justin Trudeau. Le gouvernement canadien avait appuyé, sous le précédent gouvernement de Stephen Harper, l'expulsion de Moscou.

On sait aussi que l'actuelle ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, est très critique du Kremlin. Elle est d'ailleurs sur une liste de persona non grata en Russie en raison de ses positions pro-ukrainiennes. Il est prévu à l'horaire de la journée de vendredi que la diplomate en chef du Canada réponde aux questions des journalistes à La Malbaie.

Querelle commerciale

C'est donc un nouveau sujet de discorde qui se profile à l'horizon. Le président Trump, faut-il le rappeler, est en porte-à-faux avec ses partenaires en raison de son retrait de l'accord sur le nucléaire iranien et de sa décision de frapper le Canada et l'Union européenne (UE) de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium.

Il avait d'ailleurs consacré à cette guerre commerciale entre amis une série de gazouillis incendiaires dans les heures précédant le coup d'envoi du sommet du G7, dont le Canada est l'hôte cette année.

Leah Millis / Reuters
Donald Trump a donné une poignée de main chaleureuse à Justin Trudeau lorsque les deux hommes se sont rencontrés à La Malbaie, vendredi après-midi.

Dans un message publié jeudi soir, il s'en est pris directement à Justin Trudeau, lui reprochant de jouer à "l'indigné" en brandissant la relation canado-américaine tout en passant sous silence le système de gestion de l'offre, qui est selon lui injuste pour les États-Unis.

Il en a remis à quelques heures à peine du début de l'événement, vendredi matin, écrivant sur Twitter que "le Canada charge aux États-Unis 270 pour cent de tarifs" sur les produits laitiers. "Ils ne vous ont pas dit cela, n'est-ce pas? Pas juste pour nos fermiers!", a écrit le locataire de la Maison-Blanche avant d'élargir le débat aux pays du G7.

"Hâte de régler les traités commerciaux injustes avec les pays du G7. Si ça n'arrive pas, nous ne nous en porterons que mieux!", a-t-il indiqué avant de soutenir, dans un autre gazouillis, que les pourparlers "seront principalement centrés sur les pratiques commerciales injustes de longue date envers les États-Unis".

Le président a aussi confirmé lui-même qu'il resterait moins longtemps que prévu dans Charlevoix. Il repartira samedi en matinée, avant la fin prévue des réunions des chefs d'États et de gouvernements réunis pour le G7, pour se rendre à Singapour afin de participer à un autre sommet - cette fois avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, prévu le 12 juin.

«Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe.»Donald Trump

Le président Trump a provoqué l'ire de ses alliés du groupe des sept en imposant des taxes punitives sur l'acier et l'aluminium, geste considéré "illégal" au vu des règles en matière de commerce international. Signe de l'isolement américain, certains observateurs ont commencé à qualifier la rencontre de cette année de "G6+1".

À ce sujet, le président français, Emmanuel Macron, s'est montré cinglant. "Peut-être que ça est égal au président américain aujourd'hui d'être isolé, mais nous, ça nous est aussi égal d'être à six, si besoin était", a lancé le dirigeant en conférence de presse conjointe avec Justin Trudeau, jeudi, à Ottawa.

"La volonté de signer un texte à sept ne doit pas être plus forte que notre exigence sur le contenu de ce texte. Je crois qu'on ferait une erreur si on disait qu'on est prêt à renoncer à tout, à ne plus dire qu'on tient à l'accord de Paris, au climat, au commerce, pour avoir ce signataire", a-t-il argué.

Il est prévu que Donald Trump ait une rencontre bilatérale avec Justin Trudeau vendredi après-midi au manoir Richelieu.

Le premier ministre canadien s'était auparavant entretenu avec son homologue britannique Theresa May, le premier ministre japonais Shinzo Abe, le président italien Giuseppe Conte - le nouveau du groupe - et la chancelière allemande Angela Merkel, doyenne du G7.