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08/06/2018 06:38 EDT | Actualisé 08/06/2018 06:38 EDT

Airbus prend officiellement les commandes de la C Series de Bombardier

Un nouveau pilote prend les commandes.

Nathan Denette/PC

Le géant européen Airbus a officiellement pris les commandes de la C Series de Bombardier puisque l'entente intervenue en octobre dernier entre les deux avionneurs a été officialisée vendredi; elle entrera en vigueur le 1er juillet.

Sans verser un sou, le géant européen détiendra 50,01 pour cent du programme de cet avion commercial, qui a coûté 6 milliards $ US à développer. La part de Bombardier devrait être d'environ 31 pour cent. Celle du gouvernement québécois — qui a injecté 1 milliard US en 2015 — passera à environ 19 pour cent.

Avec Airbus installée dans le siège du pilote, des analystes anticipent de nouvelles commandes puisque l'avionneur européen a les reins assez solides pour assurer la viabilité du programme, ce qui devrait rassurer les compagnies aériennes.

Les termes de l'entente prévoient qu'il sera possible pour Airbus de racheter la part de Bombardier dans environ sept ans et celle du gouvernement québécois en 2023.

Même avant la finalisation de la prise de contrôle, les employés de Bombardier ont déjà commencé à ressentir les effets de la transaction à la fin du mois de mai.

À Mirabel, Bombardier Aéronautique et la société en commandite responsable de la C Series travaillent déjà de façon distincte, ce qui a changé les habitudes des travailleurs affectés à la C Series et au CRJ qui se côtoient.

De plus, le logo d'Airbus a fait son apparition aux côtés de celui de Bombardier sur les panneaux indicateurs du site d'assemblage situé dans les Laurentides.

Réduire les coûts

Philippe Balducchi, le cadre du géant européen qui sera responsable de la C Series, a déjà indiqué qu'il comptait aller voir rapidement les fournisseurs de Bombardier dans le but de réduire les coûts de production de l'avion.

Afin d'obtenir des concessions au niveau des prix, Airbus compte faire miroiter une hausse des volumes découlant d'une accélération des ventes de la C Series.

Le mois dernier, M. Balducchi n'avait pas voulu confirmer la possibilité que la C Series adopte le nom de la famille «A200. Un changement d'appellation ferait en sorte que l'avion de Bombardier s'harmoniserait aux autres gammes d'Airbus, comme celle du A320.

Airbus et Bombardier compteront chacun six membres au sein de l'équipe de direction, mais la gestion, les ventes et le marketing, notamment, seront confiés à des employés du géant européen. Actuellement vice-président du programme de la C Series, Rob Dewar sera le chef du soutien à la clientèle et chef de l'ingénierie.

À la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier a clôturé à 4,92 $, en hausse de huit cents, ou 1,65 pour cent.