POLITIQUE
07/06/2018 18:54 EDT | Actualisé 08/06/2018 06:12 EDT

Michaëlle Jean à l'Organisation internationale de la Francophonie: Couillard et Macron parlent de défis de «gouvernance»

Le premier ministre a réitéré que le Québec soutiendrait la candidature de Mme Jean à l'automne

Philippe Couillard et Emmanuel Macron ont tous deux parlé de l'importance de décisions sur "la bonne gouvernance" à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), tout en s'opposant sur la pertinence d'un deuxième mandat à la tête de l'organisation pour Michaëlle Jean, écorchée par des critiques au Québec concernant ses dépenses.

Le président français a effectué un arrêt à Montréal, jeudi après-midi, en route pour la rencontre du G7 qui démarre vendredi dans la région de Charlevoix. M. Macron s'est prêté à une marche et un bain de foule dans le Vieux-Montréal avant de s'entretenir en privé avec M. Couillard.

En réponse à une question des médias à la suite de la rencontre, M. Couillard a parlé de "soucis sur la gouvernance" et a dit que Mme Jean lui avait assuré qu'elle prenait ces enjeux "à bras-le-corps" pour apporter les "corrections nécessaires".

Des médias québécois ont pointé il y a quelques mois les dépenses, qualifiées de "somptuaires", de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille. La résidence officielle de la secrétaire générale de l'OIF a été rénovée pour 500 000 $ et quatre chauffeurs sont mis à sa disposition, rapportait notamment le Journal de Montréal.

Le premier ministre a réitéré que le Québec, comme État membre, soutiendrait la candidature de Mme Jean à l'automne, notamment à cause de l'"influence importante" qu'elle a eue sur l'OIF sur des questions clés comme l'égalité entre les hommes et les femmes.

M. Macron a affirmé que la France donnait son appui à la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, dans un désir d'une "candidature africaine qui (ferait) l'unanimité", faisant valoir que l'"épicentre" de la francophonie se trouve en Afrique.

"Il nous faudra prendre des décisions - et nous le ferons de manière très concertée - sur la bonne gouvernance, sur la clarté des comptes et de transparence, et la clarification des missions de l'OIF", a déclaré le président français, en conférence de presse au côté de M. Couillard.

Au terme de leur rencontre, MM. Couillard et Macron ont par ailleurs fait une "déclaration d'intention conjointe relative à l'intelligence artificielle", faisant suite à une feuille de route adoptée lors de la visite en mars du premier ministre du Québec en France.

Dans cette déclaration, les deux pays annoncent la mise en place d'un groupe de travail commun sur la science et les données ouvertes.

Il est question dans la déclaration de l'importance de l'anticipation des impacts et de la coordination des réponses des pouvoirs publics par des normes internationales communes, "notamment sur les questions éthiques".

Faisant valoir les occasions d'affaires pour les "jeunes pousses" en intelligence artificielle, M. Macron a affirmé que "la personne devait être au centre" des initiatives, en ayant en tête les questions d'éthique et de vie privée.

Sur la relation particulière de la France avec le Québec, M. Macron a dit s'être fait demander s'il s'agissait d'une relation "stratégique ou affective". Soulignant avoir été d'abord étonné par cette formulation, le président a dit avoir déterminé que la relation était "en même temps stratégique et affective".