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07/06/2018 14:45 EDT | Actualisé 07/06/2018 14:45 EDT

G7: des groupes estiment la «zone de libre expression» antidémocratique

La zone réservée aux manifestations est délimitée d'un côté par une clôture montée sur les murets de béton que Montréal avait achetés pour la Formule E, et de l'autre, du fleuve Saint-Laurent.

Yves Herman / Reuters

Des groupes opposés aux sommets du G7 estiment que la «zone de libre expression» prévue pour les manifestations à La Malbaie est profondément antidémocratique.

Cet «enclos», ce «lieu complètement désolé» contraste avec le discours de Justin Trudeau, qui est l'hôte du sommet de cette année, a dénoncé en conférence de presse Charles Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec.

«Dans l'ordre du jour amené par la présidence canadienne, il y a cette idée d'un monde pacifié... venir ici, c'est une expérience qui est un peu intimidante», a-t-il regretté.

«Il faut traverser des barrages policiers, il faut répondre à toutes sortes de questions, alors si c'est ça, le monde pacifié de Justin Trudeau où il y a un contrôle policier, eh bien ce n'est peut-être pas le monde idéal», a exposé M. Vaillancourt.

La zone réservée aux manifestations est délimitée d'un côté par une clôture montée sur les murets de béton que Montréal avait achetés pour la Formule E, et de l'autre, du fleuve Saint-Laurent.

La clôture longue de 1,4 kilomètre ceinture la «zone verte», dont l'accès est restreint et réservé aux citoyens qui habitent le secteur.

Le secteur réservé aux manifestations citoyennes est éloigné de l'endroit où se rencontreront les dirigeants des sept grandes puissances, a déploré le Conseil des Canadiens.

«On est assez loin du manoir Richelieu. C'est la zone de libre expression ici, mais on est un peu en train de prêcher dans le désert, parce que selon moi, les leaders du G7 ne viendront pas vraiment ici», a noté Sujata Dey, porte-parole de l'organisation.

On s'attend à ce que l'épicentre des manifestations soit du côté de Québec. Du côté de La Malbaie, aucun rassemblement d'envergure n'est prévu.

Le Conseil des Canadiens juge que la distance décourage les manifestants à se pointer là où se tient le sommet.

Mais s'il devait y avoir manifestations et débordements dans la ville charlevoisienne ou ses environs, un centre de traitement des contrevenants a été aménagé à Clermont, non loin de La Malbaie.

La Sûreté du Québec (SQ) a refusé une demande de visite de l'établissement, jeudi, citant des raisons «opérationnelles».

«Dernier G7»

Les représentants des deux organisations avaient aussi fait le déplacement à La Malbaie pour réclamer la fin de ces rencontres multilatérales, qui se caractérisent par leur profonde «hypocrisie».

Une banderole sur laquelle on pouvait lire «Dernier G7» a d'ailleurs été accrochée sur le grillage surmontant les murets bétonnés montréalais.

Le sommet du G7 s'ouvrira officiellement vendredi. L'hôte de l'événement, Justin Trudeau, a passé les deux derniers jours avec l'un des participants à l'événement, le président français Emmanuel Macron.

Ensemble, jeudi, ils ont réitéré leur engagement envers le multilatéralisme en prévision du sommet, qui se tient quelques jours après que le président américain Donald Trump eut frappé le Canada et l'Union européenne (UE) de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium.