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06/06/2018 14:39 EDT | Actualisé 06/06/2018 14:41 EDT

Le Québec risque gros dans la guerre commerciale opposant le Canada aux États-Unis

L'Ontario et le Manitoba pourraient aussi être particulièrement touchées.

Leah Millis / Reuters

Entre les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur l'acier et l'aluminium canadiens et la riposte du Canada qui imposera dès juillet ses propres tarifs sur certains produits américains, nous sommes officiellement entrés dans une petite guerre commerciale.

Petite, parce que ça pourrait être bien pire, avertissent les experts. Pour l'instant, le conflit affecte seulement une petite portion des économies canadienne et américaine. Pour l'instant.

Néanmoins, certaines parties du pays en ressentiront particulièrement les effets. Selon un analyste de la Financière Banque Nationale (FBN) , le Québec et l'Ontario risquent d'être les provinces les plus touchées par les tarifs de Donald Trump.

Vincent Kessler / Reuters
Deux tiers de l'aluminium canadien exporté aux États-Unis au cours de la dernière année provenait du Québec.

«Sans vouloir trop simplifier, l'acier est une histoire ontarienne et l'aluminium est une histoire québécoise», écrivait récemment l'économiste de la FBN Warren Lovely dans une note aux clients.

«Des 7,4 milliards $ d'acier canadien exporté aux États-Unis au cours des 12 derniers mois, près de 80% venait de l'Ontario. Et des 11 milliards $ d'aluminium canadien exporté vers notre voisin du Sud, le Québec a fourni les deux tiers», notait-il.

Plus tôt cette année, FBN a analysé quelles provinces avaient le plus à perdre si Donald Trump déclenchait une guerre commerciale avec le Canada. Les économistes ont étudié les industries ciblées par la rhétorique protectionniste du président américain. Ils ont ensuite déterminé lesquelles d'entre elles dépendent le plus des exportations vers les États-Unis et lesquelles risquent d'être frappées par d'importants tarifs douaniers si Trump se retire de l'ALÉNA.

Ils ont déterminé que l'Ontario, le Québec et le Manitoba sont de loin les provinces qui ont le plus à perdre dans le conflit commercial. En Ontario, huit pour cent de l'économie s'expose à des sanctions, contre sept pour cent au Québec et près de 6,5 pour cent au Manitoba.

Pas juste des mauvaises nouvelles

Mais les sanctions américaines pourraient aussi avoir des effets positifs.

Les tarifs feront mal aux producteurs canadiens d'acier et d'aluminium en tirant les prix de leurs produits à la baisse, mais «pour les entreprises qui utilisent ces produits comme matières premières, c'est plutôt une bonne chose», expliquait récemment l'économiste senior de la Banque royale du Canada, Nathan Janzen, dans un rapport.

«Il y a beaucoup plus de travailleurs oeuvrant dans des industries qui construisent des choses à partir de métal que dans la production de ces métaux», notait-il.

En tout et partout, la production d'acier et d'aluminium ne représente que 0,5% des emplois canadiens et de la production économique. Les tarifs douaniers auront un impact «modérément négatif, mais gérable» sur le Canada.

Kevin Lamarque / Reuters

Mais tout ça n'est vrai que dans les circonstances actuelles. Qui sait de quoi aura l'air la situation la semaine prochaine, compte tenu de la nature capricieuse des politiques commerciales de l'administration Trump?

«Le message le plus important à retenir sur ces tarifs est qu'ils sont basés sur une logique chambranlante. Il est donc très difficile de prévoir quelle industrie sera la prochaine à être affectée», a conclu Nathan Janzen.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais.