POLITIQUE
06/06/2018 23:59 EDT | Actualisé 07/06/2018 17:14 EDT

G7 : Québec se prépare au pire et souhaite le meilleur

«Mon but, ce n’est pas de faire peur aux clients non plus!»

QUÉBEC – Sébastien Dumais, propriétaire du Blender Bar à jus sur la rue Saint-Jean à Québec, fêtera la première année d'existence de son commerce dimanche, le 10 juin. Il espère que cette journée apportera des clients assoiffés dans son commerce plutôt que des roches dans sa vitrine.

À quelques heures du début du sommet, qui réunira les sept dirigeants mondiaux à Charlevoix, des entreprises locales à Québec se préparent à toutes circonstances.

Alexanne Grenier, propriétaire du restaurant Bols et Poké, à quelques mètres de là, a vissé des planches de bois de chaque côté des vitrines de son commerce. Si certains manifestants décidaient de faire du grabuge, elle pourra placarder son local dans les plus brefs délais.

M. Dumais a prévu des panneaux contreplaqués au cas où ses vitres seraient cassées par des manifestants masqués. Ses employés sont avisés qu'ils pourraient devoir quitter «de façon impromptue» leur lieu de travail s'il devait y avoir de la «casse».

Mais il n'a pas l'intention d'en faire trop non plus. «Je pense que de se barricader et tout ça, ça incite peut-être à un climat de peur, soutient l'entrepreneur. Mon but, ce n'est pas de faire peur aux clients non plus!»

Des consignes pour les commerçants

Les policiers de la Ville de Québec ont rencontré les commerçants du quartier Saint-Jean-Baptiste en prévision des manifestations prévues dans le secteur. Ils leur ont aussi remis des dépliants qui leur indiquent, entre autres, d'éviter de laisser de possibles projectiles.

M. Dumais s'est même créé un compte Twitter pour pouvoir suivre les conseils de la Ville en temps réel. «Le dernier post de la Ville de Québec date du 4 juin, alors j'ai hâte de voir à quelle vitesse l'information va rentrer», blague-t-il.

Catherine Levesque
«On prend des grands risques quand on se part en affaires, puis ces risques-là, on veut les protéger au maximum», décrit Sébastien Dumais, un jeune entrepreneur à Québec.

«Mes associés et moi habitons pas mal tous dans le coin, alors on va être alertes si jamais le besoin est là», mentionne Mme Grenier, qui ne veut pas rendre la situation «plus dramatique que ce l'est» réellement.

Quelque 8000 policiers – du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) – se trouvent en ville. La SQ se chargera d'épauler le SPVQ lors des manifestations, alors que la GRC s'occupe de la sécurité des dignitaires étrangers.

Étienne Brière

Une présence policière accrue

Chose certaine, leur présence se fait sentir à Québec. Accostés à chaque coin de rue, des agents expliquent aux visiteurs et aux résidents que l'accès des rues Jean-Jacques-Bertrand et Saint-Joachim, en bordure du Centre des congrès de Québec, est interdit.

Les voitures de police sillonnent les rues du quartier aux 15 minutes, alors que des hélicoptères voguent dans le ciel à l'approche du sommet.

Le Centre des congrès, à proximité de l'hôtel Hilton, est entouré de blocs massifs et d'une clôture en métal. Il sert de Centre international des médias. Quelque 2000 journalistes y suivront les allées et venues des sept dirigeants mondiaux à distance. Seule une minorité d'entre eux pourra se rendre sur les lieux du sommet.

Une vitrine pour les artisans d'ici

Mais il n'y a pas lieu de se plaindre, puisque les journalistes seront traités aux petits oignons.

Entre deux articles, ceux-ci pourront se reposer dans une salle de méditation virtuelle – de la compagnie torontoise Muse : the brain sensing headband – ou encore vivre une expérience virtuelle dans un manoir hanté – gracieuseté de la startup montréalaise Aperium.

HuffPost
Un aperçu de l'intérieur du Centre des congrès qui accueillera des centaines de journalistes autour du monde.

Besoin d'un remontant? Des paquets de «Chewpods» - des gommes à la caféine - se trouvent parmi la douzaine de kiosques qui démontrent l'innovation canadienne, au fond de la salle de presse.

N'oublions pas les dégustations de produits charlevoisiens ou encore l'envoi de cartes postales – partout dans le monde – sur lesquelles on trouve de l'art autochtone.

D'importantes retombées économiques

Le PDG de Tourisme Charlevoix, Jacques Lévesque, est d'avis que cette vitrine sur sa région est un «coup de marketing très important» et aura des répercussions positives à long terme. «Ça arrive une fois dans une vie d'une destination touristique que le G7 arrive chez soi!»

Les hôtels et les restaurateurs de Québec espèrent aussi faire des bonnes affaires, alors que les délégués et les journalistes étrangers arrivent en ville pour les prochains jours.

Même les manifestants auront faim et soif. «On va leur servir à boire, ça va nous faire plaisir!» répond Sébastien Dumais, du Blender Bar à jus, en fin d'entrevue.