POLITIQUE
06/06/2018 12:55 EDT | Actualisé 06/06/2018 13:45 EDT

ALÉNA: Justin Trudeau défend l'option trilatérale

C'est ce qu'il y a de meilleur pour les trois pays, a-t-il dit.

La Presse canadienne/Patrick Doyle
Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré la presse avant un caucus, mercredi.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé mercredi de négocier un accord commercial bilatéral avec les Etats-Unis, tel que souhaité par le président Donald Trump, réitérant qu'un traité entre Ottawa, Washington et Mexico demeurait la "meilleure" option.

"On a entendu le président (Trump) récemment, ce n'est pas la première fois qu'il a suggéré d'envisager des discussions bilatérales entre le Canada et les États-Unis et les États-Unis et le Mexique, plutôt que l'ALÉNA", a déclaré M. Trudeau à la presse.

"Nous restons convaincus que l'ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain entre Etats-Unis, Canada et Mexique, NDLR) est extrêmement positif", a ajouté le dirigeant libéral.

On va continuer à défendre l'option gagnante-gagnante-gagnante trilatérale, c'est ce qu'il y a de meilleur pour le Canada, le Mexique et les Etats-Unis.Justin Trudeau

Le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a indiqué mardi matin qu'il avait informé Ottawa de la volonté du président américain de négocier un accord séparé pour remplacer le traité de libre-échange nord américain (ALÉNA).

"J'attends d'avoir un retour. J'ai discuté hier avec un de leurs plus hauts responsables, proche du premier ministre (Trudeau). Il reviendra sans doute vers moi aujourd'hui" mardi, a-t-il déclaré sur la chaîne américaine Fox News.

Il espère en outre avoir "une réponse dès que possible pour faire avancer l'ensemble du processus" vers un nouvel accord.

Le président, Donald Trump, avait lui-même évoqué vendredi la possibilité de négocier finalement des accords séparés avec le Canada et le Mexique, mettant alors en avant les différences marquées entre les deux pays et qualifiant une nouvelle fois l'ALÉNA d'"accord calamiteux".

Canada, Etats-Unis et Mexique n'ont actuellement pas prévu de nouveau cycle de renégociation pour l'ALÉNA, après l'échec de la semaine dernière, avait indiqué mardi à l'AFP un haut responsable canadien, notant cependant que "le contact" était maintenu entre les trois pays "par téléphone et par courriel".

Des conversations "parfois difficiles" attendues avec Trump

Le sommet du G7 qui se tient vendredi et samedi au Québec devrait donner lieu à "des conversations franches et parfois difficiles" avec le président américain Donald Trump "sur le commerce", a averti mercredi le premier ministre canadien Justin Trudeau.

"Il va y avoir des conversations franches et parfois difficiles autour de la table du G7, particulièrement avec le président américain sur le commerce, sur les tarifs" douaniers imposés notamment à l'UE, le Canada et le Japon, a dit le dirigeant libéral lors d'un point-presse au Parlement fédéral.

"En même temps, c'est fait pour ça les rencontres du G7: pour avoir des conversations directes entre alliés, pour parler des préoccupations que nous avons et aussi pour chercher toujours un terrain d'entente sur les grands enjeux", a-t-il observé.

Donald Trump a décidé la semaine dernière d'imposer à tous les fournisseurs des Etats-Unis de lourdes taxes sur les importations d'acier et d'aluminium, y compris à l'Europe, au Canada et au Japon, ses plus proches alliés.

En réponse, tous ont décidé de saisir l'OMC et annoncé des mesures de représailles, comme également la Chine et la Russie.

"L'ordre économique mondial est sous attaque", a d'ailleurs jugé mercredi le ministre canadien du Commerce international, François Philippe Champagne.

"Continuons de travailler ensemble parce qu'un monde international commercial où il n'y a pas de règles, c'est un monde où personne ne gagne", a averti M. Champagne en évoquant aussi les réformes à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'Europe et le Canada avaient dans un premier temps obtenu un sursis mais à leur grande déception, Donald Trump leur a finalement appliqué les mêmes taxes qu'aux autres.

Depuis vendredi, Européens et Canadiens ont durci le ton face à Washington, et M. Trudeau aura l'occasion de revenir sur ce sujet avec le président français Emmanuel Macron, attendu mercredi au Parlement d'Ottawa.

"J'ai bien hâte de recevoir le président Macron cet après-midi, ce sera l'occasion évidemment de parler des relations entre le Canada et la France qui vont très bien, mais aussi de souligner (...) les défis que l'on va avoir autour de la table du G7 pour être sûr que l'on soit alignés", a en outre déclaré Justin Trudeau.

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