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05/06/2018 08:38 EDT | Actualisé 05/06/2018 08:38 EDT

Jessie Nadeau, ex-participante d’«Occupation Double», influenceuse et… metteure en scène

«J'ai toujours aimé mettre de l'avant des thèmes tabous, comme la sexualité féminine, le suicide ou le lesbianisme...»

Courtoisie

Depuis sa participation à Occupation Double, Jessie Nadeau fait un tabac sur les réseaux sociaux avec ses publications sur le végétalisme, la protection des animaux et certaines réalités LGBT. En plus de satisfaire la curiosité des 150 000 personnes qui la suivent sur Instagram, elle s'active à la mise en scène – sa toute première – de Sara, une pièce présentée dans le cadre du festival FRINGE, du 8 au 16 juin, au Petit Campus.

D'où te vient ta passion pour le théâtre?

Depuis que je suis toute petite, j'adore ça! Je dirigeais ma sœur et mon cousin dans des pièces de théâtre qu'on montrait à ma famille. Au secondaire, je faisais beaucoup de théâtre et j'aimais aussi écrire des histoires. Au cégep, j'ai étudié en cinéma pour voir si j'aimais plus être derrière ou devant la caméra. J'ai longtemps ressenti la pression de trouver un plan B, puisque le milieu artistique est difficile. J'étais incapable de plonger à 100%, car je pensais toujours à si je ne perçais pas.

C'est pour ça que tu as étudié en psychologie à l'université?

Oui, mais j'ai vite réalisé que je passais plus de temps à faire du théâtre dans une troupe qu'à mes études. À un moment donné, j'ai eu besoin d'une pause pour savoir ce que je voulais faire. À 23 ans, je suis partie à Vancouver en road trip. Là-bas, j'ai fait un court métrage avec un ami, appris l'anglais et suivi des cours de jeu. Puis, je suis allée un mois à Los Angeles pour suivre un atelier de jeu et réaliser un autre court. J'ai compris que je voulais m'impliquer dans le scénario, la réalisation, le montage, la direction d'acteurs et la mise en scène.

Qu'est-ce qui t'a donné envie de mettre en scène la pièce Sara?

La pièce traite de la vie d'une strip-teaseuse, qui essaie de s'en sortir grâce à ses talents de slameuse. Son métier est un sujet tabou. Et dans mes scénarios de courts métrages, j'ai toujours aimé mettre de l'avant des thèmes tabous, comme la sexualité féminine, le suicide ou le lesbianisme.

Est-ce que la pièce illustre concrètement la vie d'une strip-teaseuse ou uniquement l'après?

Les deux. On la suit dans son environnement de travail avec son boss hyper contrôlant. C'est quand même trash. Il y a d'ailleurs une scène assez intense qui va probablement choquer le public. On évoque aussi ses talents, son désir de s'en sortir et sa relation avec son frère. C'est une femme qui a des rêves comme n'importe qui, et malgré ce qu'elle a vécu et le milieu toxique dans lequel elle baigne, elle a le courage d'aspirer à mieux.

Courtoisie

On va donc la voir slamer?

Oui! L'auteure, Magalie Rouillard, a écrit une pièce dans laquelle elle pourrait mettre de l'avant tous ses talents. C'est une gymnaste et une cascadeuse, alors elle va utiliser ça pour faire des tricks sur poteau. Elle suit des cours et elle fait déjà des affaires que je ne comprends pas. Elle va aussi mettre à profit ses talents de slameuse.

Dans ta mise en scène, sur quoi insistes-tu?

Quand je dirige les acteurs, je veux que ce soit hyper réaliste. Mon bagage en psycho m'apporte beaucoup. Je veux que les acteurs comprennent leurs personnages à fond. Lorsqu'un truc accroche, je parle de leurs mécanismes de défense et je vais vraiment loin là-dedans. Ça permet que ce soit hyper réaliste. Le public va quasiment se sentir voyeur, comme s'ils étaient dans la même pièce que les personnages.

Parlons maintenant de ton travail d'influenceuse. Pourquoi abordes-tu souvent la question des droits des animaux?

J'en parle parce qu'ils sont extrêmement oppressés. La plupart sont encore traités comme des objets. On part de loin. C'est encore récent qu'on aborde la question. Je vois le chemin qu'il reste à faire, je sais qu'il est long, et c'est pour ça que je mets autant d'énergie.

Es-tu devenue vegan par désir de protéger les animaux?

Quand j'ai pris conscience d'où venait ce que je mangeais, ce que je portais et les produits que j'utilisais, je me suis sentie hyper mal. J'étais frustrée de ne pas avoir été mise au courant avant. Je me suis informée graduellement et je suis devenue activiste, il y a trois ans.

Et pourquoi parles-tu de certaines réalités LGBTQ?

Je m'identifie aujourd'hui comme pansexuelle. Et, plus jeune, je n'avais aucun modèles autour de moi. Je ne savais pas à qui me référer. J'essaie de faire des vidéos sur les questionnements que j'avais et sur mon coming out. Si j'avais eu ça, je me serais peut-être acceptée plus rapidement.

Pourquoi avoir créé une chaîne YouTube avec PH et mis en ligne plusieurs photos et vidéos à deux?

Quand on est sorti d'OD, il est venu habiter chez moi. On était toujours ensemble. Après une expérience pareille, c'était notre cocon. C'était confortable. On faisait nos projets ensemble. Mais, depuis deux mois, on fait davantage de trucs individuels.

Quels sujets préfères-tu traiter seule?

Les produits de beauté que j'utilise, les sujets LGBTQ ou le fait que je suis une petite file de la Beauce qui a grandi dans une famille de chasseurs. Les gens pensent que je suis une fille de ville qui ne sait pas de quoi elle parle. Mais moi, je veux montrer que peu importe où tu as grandi, tu peux décider de faire un changement dans tes choix, même si ta famille n'est pas comme toi. Pour le reste, je continue de faire le contenu sur la bouffe et le végétalisme avec PH. Je lui donne des idées et il les concrétisent en recettes. On fait des vidéos et des conférences sur nos cheminements très différents vers le monde vegan. Et, il y a un livre de recettes qui s'en vient...

Avec presque 150 000 abonnés sur Instagram, arrives-tu à vivre de tes contrats d'influenceuse?

Je pourrais, si je prenais plus de contrats. Il y a plusieurs offres que je refuses. En fait, je peux payer mon appart. Mais, je ne sais même pas combien je fais avec ça... À date, je vis de ça. Ça se passe bien.

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