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05/06/2018 19:53 EDT | Actualisé 05/06/2018 19:54 EDT

Des divergences subsistent quant au communiqué final du sommet du G7

Le commerce international s'imposera comme une ligne de rupture entre leaders, s'attend-on au gouvernement canadien.

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À l'aube de l'ouverture du sommet du G7, les délégations des chefs d'État et de gouvernement qui convergeront à La Malbaie travaillent toujours à aplanir leurs différends afin d'accoucher d'un communiqué final consensuel.

L'approche du Canada est de faciliter les consensus, mais en même temps, rien ne sert de jouer à l'autruche: le commerce international s'imposera comme une ligne de rupture entre leaders, s'attend-on au gouvernement canadien.

L'enjeu isolera le président des États-Unis, Donald Trump, qui sera entouré à la table d'homologues qu'il a décidé de frapper de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium.

Ces taxes punitives ont été qualifiées d'«insultantes» et d'«inacceptables» par l'hôte de l'événement, Justin Trudeau, et elles ont aussi été vivement décriées par l'Union européenne (UE).

On peut donc d'ores et déjà prédire que l'enjeu s'invitera promptement dans le menu des discussions — soit dès vendredi, alors que les leaders auront un premier repas de travail sous le thème «la croissance économique qui profite à tout le monde».

«Je pense qu'il est raisonnable de s'attendre à ce que, compte tenu du contexte actuel, toute discussion sur l'économie (...) balancera rapidement vers une discussion sur le commerce», a noté un haut fonctionnaire du gouvernement, mardi.

C'est d'ailleurs ce à quoi les sherpas de toutes les délégations s'attendent, a précisé ce même responsable, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, au cours d'une séance d'information technique pour les médias.

La semaine dernière, les ministres des Finances du G7 ont renvoyé à Washington le représentant des États-Unis, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, avec un message pour le président Trump.

À l'issue d'une rencontre à Whistler, en Colombie-Britannique, ils lui ont demandé de relayer à son patron «leurs préoccupations et déception unanime» par rapport aux tarifs douaniers américains.

Ceux-ci «entravent l'ouverture au commerce et nuisent à la confiance en l'économie mondiale», est-il écrit dans la déclaration commune publiée après la réunion de samedi dernier.

Au gouvernement canadien, mardi, on s'est montré prudent lorsqu'est venu le temps de dire si pareil langage pourrait se retrouver dans un communiqué de clôture du G7.

«On ne va pas faire semblant qu'il n'y a pas des différences d'opinion, des enjeux sur lesquels nous ne sommes pas d'accord», a offert une source gouvernementale, sans pour autant vouloir «préjuger» de l'issue ou la teneur des discussions.

Au-delà du communiqué, la grande question est de savoir si six leaders feront reculer le septième sur les tarifs douaniers, fait remarquer Patrick Leblond, professeur agrégé à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

«C'est certain que ça offre une occasion de gérer la crise actuelle en ayant, on l'espère, M. Trump, à la table, et essayer de voir avec lui ce qui ferait son affaire», a-t-il exposé en entrevue téléphonique, mardi.

«Il ne reculera pas pour reculer», mais ses homologues du G7 pourraient tenter de lui offrir une «voie de sortie honorable, acceptable» afin qu'il puisse rentrer et «dire (aux Américains) voici ce que j'ai obtenu», a analysé M. Leblond.

Trump à La Malbaie

Il est toujours prévu que Donald Trump soit à la table charlevoisienne, bien que les détails entourant ce qui constituera sa première visite officielle en sol canadien restent à finaliser.

«Il arrivera certainement à temps pour le début du sommet. Il y participera — il a, je crois, un autre sommet qui le préoccupe aussi», a-t-on signalé à Ottawa, faisant référence au tête-à-tête prévu entre le président et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin prochain à Singapour.

Justin Trudeau devrait avoir l'occasion d'avoir une rencontre bilatérale avec le locataire de la Maison-Blanche, comme il tâchera de le faire avec tous les autres leaders du groupe des sept, a indiqué une source gouvernementale. Il s'agirait du premier échange entre les deux hommes depuis que Donald Trump a décrété ses tarifs et qu'Ottawa a riposté avec des sanctions réciproques.

Le sommet du G7 se déroulera vendredi et samedi à La Malbaie, dans la région de Charlevoix.

Les cinq thèmes de l'événement sont: investir dans la croissance économique qui profite à tout le monde, se préparer aux emplois de l'avenir, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, travailler ensemble à l'égard des changements climatiques, des océans et de l'énergie propre et, enfin, construire un monde plus pacifique et plus sûr.

Avant l'ouverture du sommet, le premier ministre Trudeau aura eu au moins une rencontre bilatérale: jeudi, le dirigeant canadien doit rencontrer le président français Emmanuel Macron à Ottawa.