POLITIQUE
05/06/2018 19:22 EDT | Actualisé 08/06/2018 13:29 EDT

7 choses à savoir sur le Sommet du G7 à Charlevoix

Petit guide pour comprendre ce qui se passera les 8 et 9 juin.

Les leaders mondiaux du Canada, des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon profiteront des décors enchanteurs de Charlevoix les 8 et 9 juin, tout en discutant de sujets consensuels.

Pendant ce temps, des milliers de policiers seront à pied d'œuvre pour assurer leur sécurité. L'économie locale tournera au ralenti ou à plein régime, selon la quantité de délégués étrangers ou de manifestants.

Voici quelques faits à savoir avant le début de ce sommet qui a coûté au bas mot 600 millions de dollars à organiser.

C'est la 6e fois que le Canada accueille le G7

Le Canada n'est pas étranger à de tels sommets mondiaux. En fait, ce sera la sixième fois que nous serons l'hôte du G7. Le sommet a été rebaptisé «G8» après l'effondrement de l'Union soviétique. Mais la Russie a été éjectée du groupe en 2014, en raison de son occupation de la Crimée, entre autres.

Par le passé, les sommets canadiens ont eu lieu à Muskoka en Ontario (2010), Kananaskis en Alberta (2002), Halifax en Nouvelle-Écosse (1995), Toronto en Ontario (1988) ainsi qu'à Montebello au Québec et les environs d'Ottawa en Ontario (1981).

Pour l'édition 2018, les dignitaires étrangers atterriront à la base militaire de Bagotville et se dirigeront par la suite au Manoir Richelieu de Charlevoix.

Alessandro Bianchi / Reuters
L'ex-premier ministre italien Paolo Gentiloni parle avec le président américain Donald Trump lors du Sommet du G7 en Italie en 2017.

Cinq thèmes clés seront abordés

  • Investir dans la croissance économique qui profite à tout le monde;
  • Se préparer aux emplois de l'avenir;
  • Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes;
  • Travailler ensemble à l'égard des changements climatiques, des océans et de l'énergie propre;
  • Construire un monde plus pacifique et plus sûr.

La priorité du Canada sera de «faire disparaître les barrières qui empêchent les citoyens de participer pleinement à l'économie», selon un porte-parole du gouvernement, qui répète vouloir aider la classe moyenne et ceux qui veulent s'y joindre.

Il sera aussi question de «façonner un nouveau programme sur les océans et veiller à ce que les efforts internationaux respectent nos normes rigoureuses pour une gestion durable et fondée sur des données scientifiques». Un plan pour diminuer la pollution plastique? À suivre.

Outre des discussions houleuses à prévoir après l'imposition des tarifs sur l'acier et l'aluminium, les sept nations discuteront aussi sans doute des enjeux internationaux de l'heure, comme le programme nucléaire iranien ou encore les relations avec la Corée du Nord ou la Russie.

Peut-on parler d'un «G6 + 1»?

Le Canada ne s'en cache pas – les thèmes sont assez globaux afin de rallier un consensus le plus large possible avec tous les pays membres. Même les États-Unis ne pourraient pas s'opposer à aider la classe moyenne ou à façonner les emplois de l'avenir.

Lors d'une rencontre préparatoire à Whistler, la semaine dernière, le ministre français des Finances Bruno Le Maire a qualifié la réunion de «G6 + 1» pour illustrer à quel point les États-Unis étaient isolés avec leur attitude protectionniste.

Or, le G7 doit être en mesure de trouver un consensus pour écrire une déclaration commune à la fin du sommet. Lors d'une conférence de presse technique à Ottawa, des officiels canadiens ont déclaré que ladite déclaration finale refléterait le fruit des discussions au G7.

Ben Nelms / Reuters
Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, lors de la rencontre de ses homologues du G7.

Justin Trudeau aura une délégation de ministres

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, se rendra à La Malbaie à compter du jeudi 7 juin et y restera jusqu'au dimanche 10 juin. Il sera accompagné de plusieurs de ses ministres qui reflètent les priorités canadiennes de ce sommet international (les relations avec les États-Unis, l'environnement et l'égalité des sexes).

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, le ministre des Finances Bill Morneau, la ministre de l'Environnement Catherine McKenna, le ministre des Pêches et Océans Dominic LeBlanc et la ministre de la Condition féminine Maryam Monsef seront à ses côtés à La Malbaie.

Donald Trump couchera-t-il à La Malbaie?

Lors du dernier G7 à Taormine, en Italie, le président américain avait fait bande à part et avait dormi dans un navire de la marine américaine. Ses déplacements se sont faits en hélicoptère, si bien que la petite ville italienne avait dû construire un héliport pour l'accueillir.

Étant donné la proximité géographique avec les États-Unis, Donald Trump pourrait retourner dormir dans l'État du Maine, par exemple, et se déplacer pour assister aux réunions du G7. À noter aussi que son épouse Melania ne l'accompagnera pas dans ses déplacements, rompant avec la tradition.

Ciro De Luca / Reuters
Des manifestants italiens en marge d'une rencontre des ministres de l'Intérieur du G7 en octobre 2017.

Oui, il y aura des manifs à Québec et à Charlevoix

La plupart des manifestants devraient converger vers la Ville de Québec pour dénoncer les politiques qu'ils estiment capitalistes, racistes et sexistes des dirigeants mondiaux du G7.

Une manifestation «populaire et unitaire» est prévue au centre-ville jeudi soir. À compter de vendredi matin, des actions de perturbation sont à prévoir. Puis, un autre rassemblement syndical se tiendra samedi. Plus de détails dans notre article.

À La Malbaie, le groupe «Québec libre en action» se réunira samedi pour manifester. Une «zone de libre expression» est prévue à environ 1,5 kilomètre du Manoir Richelieu. Signe que la police s'attend à en arrêter quelques uns, un centre de détention a été établi à Clermont à quelques kilomètres au nord.

Qu'est-ce qui sera fermé en marge du G7?

Le gouvernement canadien a réservé tous les hôtels et gîtes aux alentours de La Malbaie. Quant au casino de Charlevoix, il servira de salle de presse pour les journalistes. Les résidents, eux, vivent avec une présence accrue de policiers et des murs dressés pour délimiter la «zone rouge» qui entoure le Manoir Richelieu.

À Québec, l'Assemblée nationale a annoncé qu'elle fermerait ses portes jeudi après-midi et vendredi pour assurer la protection des élus. Quelque 10 000 fonctionnaires qui travaillent à proximité seront aussi en congé en raison des manifestations à prévoir.

Une dizaine d'écoles à Québec et quatre écoles à Beauport fermeront aussi leurs portes pour assurer la sécurité de leurs élèves. Quant aux commerces, il n'y a pas de consigne particulière pour le moment, mais la police les invite à cacher tout ce qui pourrait servir de projectile.