NOUVELLES
04/06/2018 17:01 EDT | Actualisé 04/06/2018 17:01 EDT

Philippe Pichet n'a pas fait ce qu'il fallait pour rassurer la population, conclut Prud'homme

Au tour des élus de Montréal d'envisager la destitution de l'ex-chef du SPVM.

PC/Graham Hughes

L'administrateur provisoire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a rédigé un rapport préliminaire accablant sur la gestion de l'ancien dirigeant du corps de police, Philippe Pichet, qui n'aurait pas pris des mesures nécessaires pour «rassurer la population sur l'intégrité» du SPVM et pour assainir le climat de travail au sein du service de police.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rendu public lundi le rapport d'étape réalisé par Martin Prud'homme, qui est le directeur par intérim du service de police depuis la suspension de M. Pichet.

Dans un communiqué, le ministre Coiteux a appelé l'administration de Valérie Plante à demander l'avis des élus du conseil municipal «avant d'envisager la possibilité de recommander au gouvernement la destitution de M. Philippe Pichet comme directeur du SPVM».

En marge d'un événement à Québec, le premier ministre Philippe Couillard a dit que le gouvernement «prenait acte du rapport», mais il ne s'est pas prononcé davantage sur son contenu. Il a ajouté que récemment, «les choses semblaient s'être rétablies de façon assez significative» au service de police.

Martin Prud'homme avait été nommé en décembre 2017 dans la foulée de la publication d'un rapport de Me Michel Bouchard, qui avait constaté de nombreuses irrégularités au SPVM, notamment sur les pratiques en matière d'enquêtes internes, le non-respect de certaines clauses de la Loi sur la police et sur le climat de travail tendu.

Olivier Robichaud
Martin Prud'homme

Dans son rapport, l'administrateur provisoire aborde notamment le Plan d'action pour rassurer et améliorer le lien de confiance des citoyens envers le SPVM, qui avait été présenté en mars 2017 par M. Pichet au ministre Coiteux.

Selon M. Prud'homme, ce plan «n'a vraisemblablement pas eu les effets escomptés et concrètement, (ces mesures) n'ont, de toute évidence, pas permis d'améliorer la confiance citoyenne envers le Service et encore moins la confiance de nos propres membres envers notre organisation».

En conclusion, il juge que «de façon évidente», l'administration précédente n'a pas permis de rassurer la population, et peu de changements ont été faits pour régler les problèmes aux affaires internes du SPVM ou pour améliorer le climat de travail.

Selon La Presse et Radio-Canada, Philippe Pichet a déposé une poursuite civile la semaine dernière pour obliger le gouvernement du Québec et l'administration Plante à le réintégrer à son poste.