POLITIQUE
04/06/2018 08:52 EDT | Actualisé 04/06/2018 08:53 EDT

Une coalition met la pression sur Trudeau pour réduire le plastique dans les déchets

Le premier ministre souhaite que les invités du G7 signent une charte sur le plastique, mais qu'en est-il du Canada?

Rosemary Calvert via Getty Images

Selon quelques dizaines de groupes écologistes, le Canada doit, s'il veut devenir un leader dans la lutte contre le plastique, montrer l'exemple lui-même.

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau veut que ses invités du G7 signent une charte sur le plastique, établissent des cibles internationales de réduction des déchets et trouvent des moyens d'utiliser plus de matériaux recyclés dans les articles en plastique que nous utilisons.

Diverses études laissent croire qu'entre 6 et 10 millions de tonnes de déchets de plastique aboutissent dans l'océan chaque année. Plus de la moitié de ces déchets viendraient d'un petit nombre de pays, principalement en Asie, où la collecte des déchets est au mieux médiocre.

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La stratégie que voudra prôner le Canada au sommet du G7 compte quatre éléments: des cibles de réduction de déchets dans les océans, des stratégies nationales pour respecter ces cibles, une collaboration avec l'industrie pour fabriquer des produits pouvant remplacer ceux en plastique ou mieux recycler les objets en plastique, une aide aux pays en voie de développement à mieux gérer leurs ordures.

Mais le Canada n'a toujours pas un programme national pour la réduction du plastique. Plus de 40 organisations non gouvernementales publieront lundi une déclaration exhortant M. Trudeau à dresser des cibles nationales pour la récupération de plastique et la part de matériaux recyclés que doivent contenir les nouveaux produits.

«Nous engageons le gouvernement canadien à collaborer avec les provinces, les territoires, les gouvernements autochtones, les municipalités pour établir un plan afin que le Canada élimine complètement le plastique dans ses déchets», affirme Ashley Wallis, la directrice des programmes à Environmental Defense, une des organisations qui a signé la déclaration.

Recyclage: encore beaucoup de travail à faire

Les groupes souhaitent que le Canada augmente d'ici 2025 le taux de plastique recyclé à 85 pour cent pour les produits comme les bouteilles d'eau et les emballages. Actuellement, les Canadiens ne recyclent que 11 pour cent de tout le plastique utilisé. Ils veulent aussi que le Canada adopte des règles afin que les objets de plastique utilisés une seule fois soient fabriqués à 75 pour cent de matériaux recyclés.

Parmi les autres demandes de la coalition: des mesures législatives obligeant les entreprises à payer pour la récupération et le recyclage du plastique qu'ils produisent, une interdiction de tous produits en plastique toxiques ou difficiles à recycler. Le Canada doit aussi adopter des politiques qui obligeront tous fournisseurs du gouvernement fédéral à avoir un plan de récupération du plastique utilisé.

La ministre de l'Environnement Catherine McKenna a lancé des consultations sur une stratégie nationale du plastique en avril, mais aucune échéance n'a été déterminée pour son dépôt. Mme Wallis dit qu'un résumé des intentions canadiennes à l'occasion de la rencontre des ministres de l'Environnement du G7, en septembre, donnera une plus grande crédibilité au Canada pour se considérer comme un chef de file dans ce domaine.

Mme McKenna a déjà dit que l'élaboration d'une stratégie nationale est une procédure complexe parce que les programmes de récupération sont habituellement gérés par les provinces et les municipalités. Mme Wallis soutient que le Canada a surmonté ces difficultés dans sa politique de lutte contre les changements climatiques en établissant des normes nationales et des cibles tout en laissant assez d'autonomie aux provinces pour élaborer des politiques locales.

La Fédération canadienne des municipalités a fait écho à ces préoccupations lorsqu'elle a voté pour une résolution demandant une stratégie nationale «exhaustive de réduction et de gestion des déchets marins». La nouvelle présidente de l'association, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, a déclaré que les villes savent que ni elles ni le gouvernement fédéral ne peuvent pas agir seuls dans ce domaine.

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