POLITIQUE
03/06/2018 17:15 EDT | Actualisé 03/06/2018 17:15 EDT

Des enjeux élevés pour le gouvernement Trudeau au cours du G7

Les semaines se suivent et se ressemblent pour le gouvernement fédéral.

Chris Wattie / Reuters

Les semaines se suivent et se ressemblent pour le gouvernement fédéral.

Au cours des derniers jours, Ottawa a annoncé ses intentions de dépenser 4,5 milliards $ pour acheter un oléoduc controversé, subi des douches écossaises à la table des négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et fait un pas de plus vers une guerre commerciale contre un adversaire inattendu, les États-Unis.

Les enjeux politiques n'en seront pas moins élevés au cours de la prochaine semaine.

Hôte du prochain sommet du G7, qui se déroulera les 8 et 9 juin en Charlevoix, le premier ministre Justin Trudeau devra naviguer dans les eaux houleuses des relations canado-américaines. La présence du président des États-Unis Donald Trump au sommet pourrait provoquer quelques étincelles; sa décision d'imposer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium a attisé la colère de ses partenaires canadien et européens.

Quel sera l'impact de tous ces événements sur les chances des libéraux d'être réélus aux prochaines élections de 2019 ? Selon le ministre des Finances Bill Morneau, le gouvernement estime avoir été élu parce que la population voulait des politiques qui les aident à mieux réussir.

«On a démontré cette semaine que lorsqu'on menace les intérêts supérieurs du Canada, nous réagissons», a-t-il déclaré. Les Canadiens nous jugeront en se fondant sur nos actions. Celles-ci ont été prises dans l'intention de défendre les intérêts économiques des Canadiens.»

Bill Morneau a parlé à La Presse canadienne, peu après la fin de la rencontre des ministres des Finances des membres du G7, à Whistler, en Colombie-Britannique.

Six des pays membres ont profité du «résumé de la présidence» pour dire que «des inquiétudes ont été soulevées quant au fait que les tarifs qu'imposent les États-Unis sur leurs amis et alliés, pour des motifs de sécurité nationale, entravent l'ouverture au commerce et nuisent à la confiance en l'économie mondiale».

Les tensions entre les États-Unis et ses alliés ont poussé le ministre français des Finances Bruno Lemaire à dire que la rencontre de Whitler avait été un «G6 plus 1» plutôt qu'un G7.

Tout comme Justin Trudeau à la télévision américaine, M. Morneau a qualifié «d'absurde» le prétexte de la sécurité nationale employé par la Maison-Blanche pour défendre sa décision de hausser les tarifs. Le ministre dit craindre que la guerre commerciale qui s'enclenche élimine des emplois au Canada et aux États-Unis tout en faisant monter les prix des articles de consommation courante.

«Il était nécessaire de démontrer qu'en tant que nation souveraine, nous nous occupions bien de nos affaires et que nous ne pouvions pas accepter qu'on nuisît à notre économie pour des raisons qui n'ont aucun sens», a-t-il dit.