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02/06/2018 16:41 EDT | Actualisé 02/06/2018 16:41 EDT

Qu'est-ce qui fait une bonne campagne de sociofinancement?

Voici quelques trucs bien importants à savoir.

AndreyPopov via Getty Images

Vous avez un projet et vous pensez avoir besoin d'un coup de pouce financier pour le réaliser? Les plateformes pullulent maintenant sur le web pour vous venir en aide. Le HuffPost Québec s'est entretenu avec Thomas Sychterz, directeur de la croissance internationale chez Ulule, et Maude Léonard, professeure à l'UQAM et cofondatrice de Troc-tes-trucs, pour mieux comprendre comment réussir une campagne de sociofinancement.

Pour M. Sychterz, le créateur, ou porteur de projet, doit respecter trois règles.

Conseil #1: une démarche sérieuse

Thomas Sychterz: «Ce n'est pas quelque chose qui peut être fait sur le coin d'une table et qu'on oublie. Le porteur de projet doit être sérieux dans sa démarche et y allouer un peu de temps et y mettre de l'effort et de la préparation. Il faut s'assurer que lorsqu'on va présenter son projet, si tu veux que quelqu'un te finance, qu'il te donne un peu d'argent pour te soutenir, que le projet soit vivant. Il faut savoir l'alimenter.»

Maude Léonard: «Si je fais une vidéo, déjà je vais attirer plus l'attention des gens qui vont vouloir le regarder. Or, il faut avoir le temps, les ressources, les connaissances pour pouvoir faire la vidéo.»

Conseil #2: le projet doit résonner

Thomas Sychterz: «Il faut que tu puisses compter une histoire. Les campagnes qui ont le plus de succès, ce ne sont pas nécessairement celles qui collectent des millions de dollars, même si c'est le fun, mais ce sont celles qui peuvent transmettre un storytelling qui va rejoindre leur public cible. Si tu veux amasser 5000 $ pour te partir une épicerie zéro déchet par exemple, il faut que tu sois capable de raconter ton histoire: pourquoi tu le fais, c'est quoi tes valeurs, pourquoi cette mission-là te passionne, etc. C'est ça le moteur qui fait qu'une campagne marche bien.»

Conseil #3: le projet doit être utile

Thomas Sychterz: «Il faut que ton projet, ton produit ou ton service, résolve un problème ou qu'il rejoigne la communauté. C'est sûr qu'avec le sociofinancement, ce n'est pas tout le monde qui arrive à se faire financer. Aujourd'hui, 7 projets sur 10 chez Ulule y arrivent. C'est le meilleur test pour savoir si ton projet est viable.»

Des pièges à éviter

Pour Maude Léonard, l'aventure du sociofinancement n'a pas eu que des bénéfices. Il y a quelques années, une campagne avait vu le jour pour financer des activités de Troc-tes-trucs. L'objectif modeste de 2000 $ a été atteint, mais pas facilement.

«On va lever le love money, mais ça va demander un effort herculéen pour soulever les ponts et intéresser les public à notre cause... et il y a tellement de causes, sur plusieurs plateformes. Les gens se demandent pourquoi je donnerais? C'est difficile à dire. C'est soit parce que je connais la personne ou que la cause me tient vraiment à coeur», estime-t-elle, soulignant que le gain financier a épongé les pertes en temps et énergie déployées par sa petite équipe.

Pourquoi utiliser le sociofinancement?

Le sociofinancement peut donc être utile dans un esprit de faire connaître sa marque ou son organisation. «C'est ça qui va faire mon retour sur l'investissement, si on veut», estime Mme Léonard.

Pour M. Sychterz, c'est aussi un bon moyen de tester les eaux du marché. «Avant de mettre du temps et de l'argent, si tu peux bien faire une campagne de sociofinancement, que t'es capable de pré-vendre ton truc, ça donne un bon indicateur de ton succès à venir. De plus, la campagne de sociofinancement va te donner un fonds de roulement», explique-t-il.

Ce dernier y voit aussi des avantages pour le contributeur. «Tu peux recevoir un produit en primeur. Tu participes également au développement d'un projet qui n'est pas encore né. T'as aussi la fierté d'avoir aidé quelqu'un à réaliser son rêve», donne-t-il en exemple.

Compléments d'information

Statistiques: Le portrait du sociofinancement au Canada dressé par Radio-Canada en 2017

Le financement participatif, expliqué par la chercheuse Fannie Couture