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31/05/2018 13:49 EDT | Actualisé 31/05/2018 15:06 EDT

Les grands événements du Québec ont doublé les investissements publics, selon une étude

Les festivals réclament un financement équivalent à celui de la Formule 1.

mustafahacalaki via Getty Images
Photo d'archives du Festival de Jazz de 2017.

Un échantillon de 17 événements majeurs à caractère international ont généré des retombées économiques moyennes de 290,8 millions $ par année, selon une nouvelle étude dévoilée jeudi. Les taxes et impôts générés ont notamment doublé les investissements gouvernementaux.

L'étude est la première à suivre les règles uniformes imposées par le gouvernement du Québec en 2016. Elle vise, entre autres, le Festival de jazz de Montréal, le Carnaval de Québec, le Festival Juste pour Rire, Osheaga, les Régates de Valleyfield et d'autres encore.

Constat: environ 396,4 M$ sont dépensés chaque année dans le cadre de ces grands événements, ajoutant 290,8 M$ à l'économie québécoise.

Mieux, du point de vue des bailleurs de fonds gouvernementaux: ils ont augmenté de 66,6 M$ les taxes et impôts versés aux gouvernements du Québec et du Canada. Ces deux paliers de gouvernement ont investi 24,8 M$ dans les 17 événements.

Le Festival de jazz, par exemple, a généré des retombées économiques de 48,5 M$ en 2017, pour des investissements de seulement 5,5 M$.

Aujourd'hui, il faut que les gouvernements reconnaissent un fait: il n'y a plus que le Grand Prix de Formule 1 du Canada qui produit d'exceptionnelles retombées.Martin Roy, directeur général du RÉMI

«Une fois de plus, la démonstration de l'importance économique et touristique est faite. Nous souhaitons que les municipalités, les associations touristiques régionales et les gouvernements du Québec et du Canada en prennent acte et agissent comme redistributeurs d'une partie de la richesse créée», affirme l'ex-ministre Louise Beaudoin, présidente du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

Le RÉMI s'adresse spécifiquement au gouvernement fédéral afin qu'il finance les événements internationaux de la même façon qu'il finance le Grand Prix de Formule 1. Le fédéral a donné 7 M$ à la F1 l'an dernier, alors que les 17 événements inclus dans l'étude ont dû se séparer 9,6 M$.

Les retombées des événements membres du RÉMI ont pourtant généré des retombées presque sept fois supérieures à celles de la F1, qui a généré 42,4 M$ l'an dernier.

«Aujourd'hui, il faut que les gouvernements reconnaissent un fait: il n'y a plus que le Grand Prix de Formule 1 du Canada qui produit d'exceptionnelles retombées. En conséquence, il faudra tendre à plus d'équité, non pas en réduisant l'apport financier à ce grand rendez-vous automobile, mais en haussant celui des autres autour, qui font eux aussi rayonner notre destination et cherchent à se développer», affirme le directeur général du RÉMI, Martin Roy.

M. Roy rappelle que le fédéral versait autrefois environ 45 M$ par année aux grands événements autres que la F1, dans le cadre d'un programme qui a été aboli par les conservateurs de Stephen Harper. Plusieurs organismes réclament que ces sommes soient rétablies.

À Montréal, la responsable de la culture, Christine Gosselin, affirme être en évaluation des besoins. La nouvelle administration tente d'établir où doivent être allouées les sommes, maintenant que le 375e anniversaire de Montréal est terminé.

L'étude dévoilée jeudi a été produite par la firme KPMG. Elle ne comprend que les chiffres de touristes ayant fait leur déplacement essentiellement pour l'événement mentionné. Le marché local et les dépenses faites accessoirement à une autre raison de visite sont donc exclus.

CORRECTION: Une version précédente du texte indiquait que les chiffres couvraient deux années. En réalité, ils ne couvrent qu'une seule année d'opération pour chaque événement. Certains événements ont calculé les chiffres de 2016, d'autres les chiffres de 2017. Pour le Carnaval de Québec, les données sont celles de 2018.