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30/05/2018 17:42 EDT | Actualisé 30/05/2018 17:42 EDT

La couverture dans les médias de la crise des opioïdes donne une mauvaise image des patients

Le Québec est la province canadienne où il se prescrit le moins d'opioïdes en termes de dosage.

La couverture de la «crise des opioïdes» dans les médias donne une très mauvaise image des personnes qui prennent de tels médicaments pour soulager leur douleur chronique, selon des participants à une étude sur les impacts de la crise.

La crise des opioïdes a donc un impact important auprès de patients souffrant de douleurs chroniques, qui doivent faire face à des préjugés lorsqu'ils doivent consommer ce type de médicaments.

Un sondage mené auprès de 1404 patients venant majoritairement du Québec, mais aussi de la Colombie-Britannique, s'est intéressé à leurs opinions et leurs inquiétudes face aux opioïdes, de même qu'aux difficultés d'accès à un traitement à base de ces médicaments.

En comparant un échantillonnage de répondants comparable pour les deux provinces, l'étude a pu constater que les patients québécois semblent craindre davantage les opioïdes que leurs semblables de la province la plus à l'ouest. Au Québec, on dénombre ainsi 20 pour cent des utilisateurs actuels d'opioïdes qui craignent de devenir des «drogués», contre seulement 7 pour cent en Colombie-Britannique.

Les participants des deux provinces s'entendent toutefois pour dire que la couverture média de la crise des opioïdes donne une mauvaise image de ceux qui utilisent ces médicaments pour soulager leur douleur chronique.

D'un autre côté, les patients de la Colombie-Britannique étaient beaucoup plus nombreux à s'être vu proposer par leur médecin de cesser la prise d'opioïde, alors que 26 pour cent d'entre eux ont vécu cette expérience. Du côté du Québec, le nombre est beaucoup moins élevé, à 14 pour cent.

La chercheuse Manon Choinière, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM), note que «parmi ceux qui ont vu leur prescription cesser au cours des 12 derniers mois, 19 pour cent des patients de Colombie-Britannique n'étaient pas d'accord avec cette interruption, comparativement à seulement cinq pour cent au Québec», une différence qu'elle décrit comme étant «statistiquement significative».

Le pourcentage de patients n'ayant pas utilisé d'opioïdes au cours de la dernière année était significativement plus élevé au Québec (37 pour cent) qu'en Colombie-Britannique (25 pour cent).

Le Québec est la province canadienne où il se prescrit le moins d'opioïdes en termes de dosage, note le rapport, qui s'appuie sur des chiffres de l'Institut canadien d'information sur la santé.