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29/05/2018 17:42 EDT | Actualisé 29/05/2018 17:42 EDT

Deux journalistes tués dans le monde mardi

Le premier a été battu à mort au Mexique, le second tué par balle en Ukraine.

Les journalistes travaillent devant l'immeuble où a été abattu Arkadi Babtchenko, mardi.
SERGEI SUPINSKY via Getty Images
Les journalistes travaillent devant l'immeuble où a été abattu Arkadi Babtchenko, mardi.

Un journaliste mexicain a été "battu à mort" dans l'Etat de Tamaulipas, à la frontière avec les Etats-Unis, a annoncé mardi le parquet, portant le bilan à au moins cinq reporters tués au Mexique cette année. D'autre part, un journaliste et écrivain russe virulent critique du Kremlin, Arkadi Babtchenko, a été tué par balle mardi soir à Kiev où il s'était exilé, se disant menacé après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine.

Le reporter mexicain, Héctor Gonzalez Antonio, était "correspondant du journal national Excelsior" et collaborait avec des "médias locaux", selon le parquet.

Marié et père de deux enfants, ce journaliste âgé d'une quarantaine d'années avait disparu depuis plusieurs jours, selon un collaborateur de l'AFP et ami du reporter.

Héctor Gonzalez Antonio travaillait depuis huit ans pour le quotidien Excelsior après avoir travaillé au quotidien Expreso et pour la chaîne Televisa.

Mi-mai, un autre journaliste, Juan Carlos Huerta, avait été tué à la sortie de son domicile dans l'Etat de Tabasco (sud-est).

La semaine dernière, une journaliste du Financiero, Alicia Diaz Gonzalez, avait été retrouvée morte à son domicile de Monterrey (nord), présentant des traces de coups, sans que l'on sache toutefois si cette agression était liée à son activité de reporter.

Plus de 100 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000, selon les associations de défense de la liberté d'expression, dans un pays considéré comme un des plus dangereux pour exercer cette profession.

En 2017, au moins 11 d'entre eux ont été tués au Mexique, selon les ONG Reporters sans frontière et Articulo 19.

Critique du Kremlin, il est abattu par balle

Le meurtre de ce reporter de guerre, qui a provoqué un choc dans la profession en Russie, est le deuxième en moins de deux ans d'un journaliste contestant la politique du gouvernement russe habitant dans la capitale ukrainienne.

Le 20 juillet 2016, le Russo-Bélarusse Pavel Cheremet avait en effet péri dans l'explosion de la bombe placée sous la voiture qu'il conduisait en plein centre de Kiev, une affaire qui n'est toujours pas élucidée.

En mars 2017, un ancien député russe réfugié en Ukraine avait pour sa part été tué par balle, également dans le centre de cette ville.

Concernant les circonstances de la mort d'Arkadi Babtchenko, un porte-parole de la police, Iaroslav Trakalo, a raconté que "c'était chez lui, dans le quartier Dniprovski (en périphérie) de Kiev. Sa femme était dans la salle de bains, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté", qui est par la suite "mort dans l'ambulance" le transportant.

Arkadi Babtchenko, 41 ans, a participé en Russie aux deux guerres en Tchétchénie en tant que soldat avant de devenir un journaliste respecté et extrêmement critique vis-à-vis du Kremlin.

Il avait raconté les guerres dans cette république russe du Caucase dans un livre édité en France par Gallimard sous le nom de "La couleur de la guerre".

Avant son départ de Moscou, il a notamment coopéré avec le journal d'opposition russe Novaïa Gazeta et la radio russe Echo de Moscou.

Arkadi Babtchenko s'était rendu dans l'est de l'Ukraine, où le conflit entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses a fait plus de 10 000 morts en quatre ans. Il avait dénoncé le rôle de la Russie, appuyant la thèse de Kiev et des Occidentaux selon laquelle elle soutient militairement les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti.

Arkadi Babtchenko avait quitté la Russie en février 2017 après avoir reçu des menaces. Il a d'abord vécu en République tchèque et en Israël, avant de s'installer à Kiev.