POLITIQUE
28/05/2018 18:33 EDT | Actualisé 28/05/2018 19:01 EDT

Michel Boudrias voudrait unifier le Bloc... si Martine Ouellet quitte

Il en a discuté avec le président du parti Mario Beaulieu.

La Presse canadienne/Mario Beauregard

Michel Boudrias, l'un des sept députés démissionnaires, n'exclut pas de reconstruire le Bloc québécois si l'actuelle chef Martine Ouellet perd son vote de confiance ce week-end.

L'élu de Terrebonne a confirmé en entrevue qu'il avait eu des discussions en ce sens avec son collègue et président du parti Mario Beaulieu.

"Comme n'importe quel militant, je suis extrêmement bouleversé de voir ces espèces de déchirements dans l'une des plus belles familles qu'était le Bloc québécois, a-t-il dit. Donc, c'est bien certain que je suis sensible à reforger éventuellement l'unité, mais est-ce que c'est faisable ? De quelle manière ? Je l'ignore. Sous quelle forme ? Je n'en ai absolument aucune idée."

Les membres bloquistes seront appelés à voter vendredi et samedi lors d'un référendum à deux volets qui inclut une question sur le leadership de Mme Ouellet et une question sur la mission de la formation politique comme promoteur de l'indépendance du Québec.

"Ce qui me paraît encore très clair _ comme c'était très clair au moment de mon départ le 28 février _ pour qu'il puisse y avoir un espoir de changement et de ralliement, il faut que Mme Ouellet quitte, a-t-il ajouté. C'est essentiel."

Une coalition formée de 26 associations de circonscription, du Forum jeunesse et de M. Beaulieu a fait parvenir un courriel aux 20 000 membres du parti, lundi, où elle faisait état d'un "plan pour la suite des choses" et révélait qu'elle avait "entrepris des discussions privées avec certains des députés démissionnaires" pour reconstruire le parti.

"Il n'est pas trop tard pour sauver le Bloc, mais il faut agir maintenant", peut-on lire. Le message invite les militants à voter contre la chef et à voter selon leur "perception" à la question sur la mission du parti.

M. Boudrias avait publié la veille un long message sur sa page Facebook dans lequel il accusait Mme Ouellet d'avoir déclenché "une guerre interne des instances de son parti pour soumettre son caucus" et invitait les membres bloquistes à voter contre elle.

La reconstruction du Bloc québécois ne fait pas l'unanimité au sein des sept députés, aujourd'hui regroupés sous le nom Québec debout, qui avaient claqué la porte en février.

"Il n'y a pas, au moment où on se parle, de scénario de retour au Bloc", a signalé le porte-parole du groupe, Rhéal Fortin.

Ces nouveaux développements surviennent au lendemain d'un rassemblement à Montréal en appui à la chef auquel une centaine de militants ont participé.

"Il n'y a rien de nouveau dans le courriel qui a été envoyé", a déploré Martine Ouellet lors de son passage à Ottawa lundi.

Elle a invité les membres à voter en faveur de la promotion de l'indépendance "sur toutes les tribunes" et "pas juste dans les assemblées militantes". Elle leur demande également de renouveler leur confiance dans son leadership pour qu'elle puisse appliquer cette mission.

"Si on n'a pas un oui-oui, bien à ce moment-là, la crise ne sera pas finie, a-t-elle souligné. Ça va juste perdurer, les mêmes débats vont juste encore recommencer."

Elle restera, a-t-elle dit, si elle obtient un résultat de 50 pour cent + 1 vote à chacune des deux questions.