POLITIQUE
27/05/2018 09:31 EDT | Actualisé 27/05/2018 12:37 EDT

Le Parti québécois mettra en place la gratuité scolaire pour le postsecondaire

Ce serait pendant le premier mandat, mais il n'y a pas d'échéancier précis.

Marc Bruxelle via Getty Images

Un gouvernement Lisée mettrait en place la "véritable gratuité scolaire" au cégep et à l'université.

Il s'agit d'une des mesures phares de la plate-forme électorale du Parti québécois, dévoilée à son conseil national dimanche à Drummondville, à l'avance, bien avant la campagne qui s'amorcera à la fin d'août.

Dans son discours de clôture, le chef péquiste Jean-François Lisée a qualifié son plan de "sincère et crédible", attaquant ainsi ses adversaires, notamment le chef caquiste François Legault et ses candidats, sur la sincérité de leurs convictions.

Le PQ assure qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts pour financer cette mesure ainsi que les autres engagements, mais il n'y aurait pas de baisse non plus.

Il parle d'une mise en place graduelle de la gratuité scolaire effective durant un premier mandat s'il forme la majorité le 1er octobre, mais n'évoque pas un calendrier précis de mise en oeuvre.

En 2012, lors de la crise étudiante, le gouvernement Marois avait annulé les hausses des droits de scolarité prévues par les libéraux pour mettre en place une indexation annuelle, mais cette fois le PQ fait un pas de plus en misant sur la gratuité.

Dans la plate-forme, le PQ rappelle que la désaffection et le décrochage scolaire affectent 20 pour cent des étudiants inscrits à l'université.

Le parti souverainiste soutient qu'il faut faire des "gestes forts pour soutenir l'engagement et la persévérance à entamer des études postsecondaires", par conséquent "dès son premier mandat, il mettra graduellement en place la véritable gratuité scolaire".

Un gouvernement péquiste propose également de réviser à la baisse le financement des écoles privées.

Les 500 militants réunis dans un hôtel de Drummondville ont semblé avoir bien reçu la plate-forme en plénière. Un militant a demandé à ce que soit précisé qu'il n'y aurait pas d'augmentation des impôts pour financer les engagements.

Le président de la commission politique, Alexis Gagné Lebrun, a alors assuré qu'il n'y aurait pas de hausse du fardeau fiscal des contribuables, mais pas de baisse non plus.

Autre volet de la plate-forme: un gouvernement péquiste augmenterait le salaire minimum à 15 $ l'heure durant son premier mandat, d'ici 2022.

Par ailleurs, le PQ reviendrait à la charge sur l'enjeu de la laïcité. Un gouvernement Lisée exclurait les accommodements incompatibles avec l'égalité homme-femme et obligerait tous les citoyens à recevoir des services à visage découvert.

Il interdirait aux personnes en autorité, aux éducateurs en garderie ou en Centre de la petite enfance (CPE) et aux enseignants de niveau préscolaire, primaire et secondaire d'afficher leurs convictions, y compris religieuses, mais un droit acquis s'appliquerait pour ceux qui exerçaient la profession avant l'entrée en vigueur de ces dispositions.

Sur le front de la défense de la langue française, un gouvernement péquiste demanderait à ce que 100 pour cent des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis que s'ils démontrent une bonne connaissance du français.

Il exigerait aussi une réelle connaissance du français des diplômés des cégeps et des universités anglophones.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui tient aussi son conseil national ce week-end à Lévis, a jugé "extrêmement déplorable" la publication de la plate-forme péquiste bien avant le début de la campagne.

"On a l'air d'oublier qu'on a encore un Parlement à faire rouler, a déclaré le député caquiste Éric Caire, en rappelant que l'Assemblée nationale siégera encore à compter de mardi pour trois semaines. Si M. Lisée ne se sent plus chef de l'opposition, c'est son problème."