POLITIQUE
24/05/2018 16:32 EDT | Actualisé 24/05/2018 16:32 EDT

Francophonie: Michaëlle Jean est devenue «un embarras» pour le Canada, estiment les députés conservateurs

«Ça prend juste des libéraux pour être fiers de ce que Michaëlle Jean fait!» a lancé Gérard Deltell.

Michaëlle Jean.
AFP/Getty Images
Michaëlle Jean.

Les conservateurs reprochent au gouvernement libéral d'appuyer la candidature de Michaëlle Jean — devenue «un embarras» pour le Canada — pour un second mandat à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le député conservateur Alupa Clarke a demandé à la ministre de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, pourquoi les libéraux se rangeaient derrière elle vu toutes les histoires de dépenses discutables qui ont été rapportées dans les médias.

«Comment ce gouvernement-là peut-il oser (appuyer) encore aujourd'hui la nomination prochaine pour une réélection» de la Québécoise qui a «refusé de s'expliquer publiquement sur ses dépenses frivoles» et «fait preuve de non-transparence totalement», a-t-il lancé.

«Je ne suis pas du tout surpris qu'ils sont enclins à (appuyer) Michaëlle Jean, parce qu'elle gère ses finances de la même manière qu'eux gèrent les finances, c'est-à-dire de manière exécrable», a lâché le député Clarke.

Ça prend juste des libéraux pour être fiers de ce que Michaëlle Jean fait! Michaëlle Jean est devenue un embarras pour le Canada. Elle a géré de façon tout à fait irresponsable son organisme.Gérard Deltell

Son collègue Gérard Deltell a poursuivi sur la même lancée lorsqu'est venu son tour de se lever en Chambre pendant la période des questions.

«Ça prend juste des libéraux pour être fiers de ce que Michaëlle Jean fait! Michaëlle Jean est devenue un embarras pour le Canada. Elle a géré de façon tout à fait irresponsable son organisme», a-t-il martelé, accusant les libéraux de «défendre l'indéfendable».

La ministre Bibeau a réitéré jeudi que le gouvernement était derrière l'ancienne gouverneure générale. Comme elle l'avait fait la veille, elle a reconnu qu'il y avait place à amélioration sur le plan de la gestion financière à l'OIF.

«Nous sommes fiers d'appuyer une Canadienne à la tête de l'OIF. Madame Jean a fait un excellent travail au niveau de la mission de l'organisation, elle fait la promotion des valeurs qui sont chères aux Canadiens», a-t-elle offert.

«L'Organisation internationale de la Francophonie a besoin d'une modernisation au niveau de ses pratiques financières, et c'est ce que nous allons les aider à faire», a ajouté la ministre Bibeau.

LIRE AUSSI:
» La France abandonne Michaëlle Jean, mais pas le Canada
» BLOGUE Michaëlle Jean mérite-t-elle un second mandat à l'OIF?

Le président français Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare de la Francophonie, mercredi, en jetant son dévolu sur une rivale de Michaëlle Jean. Il a donné son appui à la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

L'actuelle secrétaire générale n'a pas souhaité accorder d'entrevue, jeudi. «Nous ne faisons pas de commentaire sur le sujet pour l'instant», a indiqué son porte-parole, Bertin Leblanc. Il a confirmé que Michaëlle Jean avait l'intention de solliciter un second mandat.

«Elle l'a dit à plusieurs reprises depuis juin dernier, oui, elle souhaite le renouvellement de son mandat», a-t-il écrit dans un échange de courriels avec La Presse canadienne.

Il a noté qu'il n'y a pas de «procédure spécifique» entourant la nomination du grand patron de la Francophonie mondiale et précisé que la «tradition veut en Francophonie que le ou la secrétaire général(e) soit nommé par consensus par les chefs d'États et de gouvernements».

Dans une série de reportages, les médias de Québecor ont fait état de plusieurs dépenses discutables effectuées par Michaëlle Jean.

Elle a notamment fait rénover au coût de 500 000 $ puisés à même les fonds publics la résidence officielle qu'elle loue à Paris, en plus de se procurer un piano de 20 000 $.

Également, le projet de croisière pour de jeunes francophones à bord d'un grand voilier devait coûter des centaines de milliers de dollars tirés des budgets de l'OIF, faute de commanditaires privés.

À voir également: