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24/05/2018 18:02 EDT | Actualisé 24/05/2018 18:02 EDT

CMC Électronique: 450 employés en grève contre une retraite à deux vitesses

La grève a été déclenchée à minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les quelque 450 travailleurs d'usine et de bureau de CMC Électronique, anciennement Marconi, à Saint-Laurent, viennent de déclencher une grève générale illimitée.

Et alors que la réforme de la Loi sur les normes du travail, qui vise à interdire l'adoption de nouvelles clauses de disparités de traitement, est à l'étude à l'Assemblée nationale, CMC Électronique veut justement s'empresser d'implanter un régime de retraite à deux vitesses, avant que la loi les interdisant pour l'avenir soit adoptée.

La grève a été déclenchée à minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi, par les quelque 450 travailleurs, membres de la section locale 2889 du syndicat Unifor, affilié à la FTQ.

Le mandat de grève avait déjà été obtenu à la fin d'avril, mais les parties continuaient à discuter en conciliation. Mais devant l'impasse, les syndiqués d'Unifor ont finalement déclenché leur grève à minuit.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, Alexandre Lamarre, président de la section locale 2889 d'Unifor, a rapporté que CMC Électronique voulait adopter un régime de retraite à cotisation déterminée à compter du 1er juillet 2018. À l'heure actuelle, les travailleurs ont un régime de retraite à prestations déterminées.

Le projet de loi de la ministre du Travail, Dominique Vien, vise justement à interdire de nouvelles clauses de disparités de traitement selon la date d'embauche, comme ces régimes de retraite à deux vitesses. Les régimes qui existent déjà ne seraient toutefois pas abolis par le projet de loi.

Le régime de retraite à deux vitesses n'est pas le seul point en litige, mais il est le principal. Les salaires resteront aussi à négocier.

M. Lamarre espère que le projet de loi sur la réforme de la Loi sur les normes sera bientôt adopté à l'Assemblée nationale, ce qui enlèverait l'épée de Damoclès sur le régime de retraite des travailleurs de CMC Électronique.

«Le régime de retraite, c'est vraiment la pierre angulaire. On est déterminés à ne pas plier, surtout à la veille d'un projet de loi aussi important, qui enfin va éliminer les clauses orphelins. Si aujourd'hui on accepte les clauses orphelins dans les retraites, parce que ça coûte trop cher, on sait aussi que les assurances vont coûter très cher dans les années futures. Il ne faudrait pas qu'on commence à permettre aux employeurs de faire des clauses orphelins au niveau des assurances», a affirmé M. Lamarre.

De façon générale, quand les entreprises veulent changer un régime de retraite à prestations déterminées par un régime de retraite à cotisations déterminées, c'est parce qu'elles jugent le premier trop coûteux. Elles veulent ainsi réduire leurs coûts en maintenant un régime, mais moins coûteux.

Dans le cas de CMC Électronique, le régime à prestations déterminées est payé à 100 pour cent par l'employeur.

CMC Électronique est un équipementier qui fabrique des pièces pour le secteur aéronautique, comme Bombardier et Boeing, et pour l'aviation militaire.

La convention collective est échue depuis le 29 novembre 2017 pour les 205 membres de l'unité bureau et depuis le 6 janvier 2018 pour les 239 membres de la production.