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23/05/2018 08:41 EDT | Actualisé 23/05/2018 08:41 EDT

Serena Williams «punie» par Roland-Garros pour avoir eu un bébé, dénonce la presse américaine

Pas d'exception pour l'ancienne numéro 1 mondiale à Roland-Garros.

Clive Brunskill via Getty Images

À 36 ans, l'Américaine tente de revenir au plus haut niveau après avoir donné naissance à son premier enfant, une petite fille, en septembre dernier. Éloignée de la compétition pendant plus d'un an, elle n'avait plus de classement à son retour sur le circuit en mars.

Cette année, elle n'a disputé en tout et pour tout que quatre matches en deux tournois à Indian Wells et Miami. Ses résultats, guère probants, ne lui ont pas permis de remonter au-delà du 449e rang mondial avant Roland-Garros.

Classement protégé

Avec un tel classement, n'importe quelle joueuse doit disputer les qualifications pour intégrer le grand tableau. A moins de bénéficier d'une invitation (wild-card) des organisateurs ou d'une autre règle, celle du "classement protégé" qui a permis à Serena Williams d'éviter le tournoi préliminaire.

Ce système permet de conserver, durant une période transitoire, son ancien classement à son retour d'une longue absence - de six mois à deux ans - pour cause de blessure, maladie ou grossesse.

Mais il ne garantit pas d'être tête de série et ne met donc pas l'Américaine à l'abri de croiser une joueuse du gratin mondial dès le premier tour.

En mars, à Miami, la cadette des sœurs Williams avait croisé d'entrée l'une des 32 têtes de série du tournoi, la Japonaise Naomi Osaka, titrée le week-end d'avant à Indian Wells. Et elle avait été battue.

"Elle a gagné tellement de fois le trophée (huit titres) qu'elle devrait bénéficier d'une protection", avait estimé le directeur du tournoi James Blake, ancien joueur pro, alors que l'organisateur, la WTA, n'avait pas souhaité faire d'exception mais étudie l'éventualité de faire évoluer ses règles pour les mères de famille.

"Ce n'est pas comme si elle revenait de blessure ou qu'elle avait perdu la passion pour le jeu. Elle a eu un enfant, ce que nous devrions tous saluer. A son retour, il devrait y avoir une période de transition qui lui permette de rester tête de série", avait-il ajouté.

L'actuelle N.1 mondiale, la Roumaine Simona Halep, et l'Ukrainienne Elina Svitolina (N.4), ont abondé dans ce sens.

Azarenka et Clijsters non plus

A Wimbledon (2-15 juillet), le All England Club se penche sur la possibilité de faire une exception pour l'ex-N.1 mondiale, qui a remporté les "Championships" à sept reprises.

A Roland-Garros, où elle a triomphé trois fois, les organisateurs ne sont pas prêts à un tel traitement de faveur. "Cette année encore, la direction du tournoi établira la liste et le classement des têtes de série du simple dames en s'appuyant sur le classement WTA", a affirmé la Fédération française de tennis (FFT), qui chapeaute le tournoi.

Ce postulat ne manque pas d'alimenter la controverse au sein des médias américains, alors même que ni la championne ni son entourage ne sont intervenus auprès de la FFT.

Par le passé, d'autres mamans du circuit n'avaient pas non plus profité de largesses des organisateurs de tournois.

Pour leur retour en Grand Chelem post-maternité, ni la Bélarusse Victoria Azarenka, à Wimbledon en 2017, ni la Belge Kim Clijsters, lors de l'US Open en 2009, n'étaient têtes de série.

Cela n'avait pas empêché cette dernière, alors bénéficiaire d'une invitation (wild-card), de s'offrir son deuxième trophée majeur.